Nicolas Sarkozy qualifie les participants à Nuit debout de "gens qui n'ont rien dans le cerveau"

Publié à 15h12, le 26 avril 2016 , Modifié à 10h15, le 27 avril 2016

Nicolas Sarkozy qualifie les participants à Nuit debout de "gens qui n'ont rien dans le cerveau"
Nicolas Sarkozy à Nice, mardi 26 avril 2016 © VALERY HACHE / AFP

MÊME PAS DEUX NEURONES - On n'avait pas encore entendu l'avis de Nicolas Sarkozy sur le mouvement Nuit debout. Le patron de LR a attendu quelques temps avant de le livrer, alors qu'il avait visiblement un certain nombre de choses à en dire. Et c'est chose faite, mardi 26 avril.

L'ancien chef de l'État était en déplacement à Nice pour soutenir Marine Brenier, présidente des Jeunes Républicains et candidate à la succession de Christian Estrosi à l'Assemblée nationale (la législative partielle consécutive à la démission de ce dernier aura lieu les 22 et 29 mai). Et au cours de ce meeting devant quelques centaines de personnes, il a sorti le lance-flammes pour fustiger ce mouvement qui occupe les places de multiples villes de France depuis plus de trois semaines.

Comme l'a rapporté une journaliste de BFMTV présente sur place, Nicolas Sarkozy (qui n'est pas le dernier quant il s'agit de parler de "neurones d'intelligence") a déclaré :

"

Nous ne pouvons plus accepter que des gens qui n'ont rien dans le cerveau viennent place de la République donner des leçons à la démocratie française.

 

"

Le tout dans une tirade mêlant toutes ces choses qu'"on ne peut plus accepter" selon lui : les "syndicats qui se comportent comme des partis politiques", des "mosquées où on vient défendre des idées qui sont le contraire de la République", une "école où on ne respecte plus rien" et où "il n'y a plus d'autorité", les "lycéens manipulés" qui "bloquent des lycées pour protester contre une loi dans laquelle il n'y a rien" (la loi Travail), les "étrangers en situation irrégulière" qui "occupent des établissements publics ou des églises" ou encore le fait "qu'on conteste l'idée que la France a des racines, qu'elle a droit à son identité"... 

Des propos qui ont eu un certain succès dans l'assistance et à revoir dans cette vidéo publiée par BFMTV (à partir de 45 secondes) :



"Tous les soirs, des casseurs occupent la place de la République, qu'est-ce que ce serait si c'était pas l'état d'urgence ?", a encore moqué l'ancien président de la République, selon la même journaliste.

Cette saillie n'est pas sans rappeler les sorties, également très virulentes, de Jean-François Copé ou Guillaume Peltier (porte-parole de LR) au sujet de Nuit debout. Et cela confortera peut-être Nathalie Kosciusko-Morizet dans son analyse de ce mouvement, elle qui avait dénoncé l'expression d'"un peu de mépris" de la part de ses camarades de droite à ce sujet.



[EDIT 19h]

Sur Twitter, la ministre du Logement Emmanuelle Cosse a vivement réagi aux propos de Nicolas Sarkozy, qu'elle a comparés au "Casse toi, pôv' con" que l'ex-président avait adressé, au Salon de l'agriculture en 2008, à un homme qui refusait de lui serrer la main.

[EDIT 27 avril]

Christian Jacob justifie les propos de Nicolas Sarkozy. Invité de Sud Radio et Public Sénat ce 27 avril, le président du groupe LR à l'Assemblée a tout d'abord estimé que les personnes participant à Nuit Debout place de la République "n'ont rien à faire là". "C'est une poignée de casseurs. Ceux qu’on entend témoigner ne manifestent pas d’un esprit brillantissime", a-t-il encore ajouté.

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