Nicolas Sarkozy s’emmêle les pinceaux entre les différentes attaques de Mohamed Merah à Toulouse et Montauban

Publié à 18h29, le 08 février 2016 , Modifié à 15h28, le 22 mars 2016

Nicolas Sarkozy s’emmêle les pinceaux entre les différentes attaques de Mohamed Merah à Toulouse et Montauban
Nicolas Sarkozy. © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

#àpeuprès - Après la polémique née des propos d’Eric Woerth, Nicolas Sarkozy a tenu à mettre les points sur les i. En déplacement dans l’Aveyron ce lundi 8 février, le président de LR a bien qualifié les attaques de Mohamed Merah en mars 2012 à Toulouse, lorsqu’il était président de la République, "d’attentats particulièrement dramatiques".

Sauf que dans ses propos, comme l’a noté la Dépêche du Midi, Nicolas Sarkozy s’emmêle un peu les pinceaux entre les attaques de Toulouse et celle de Montauban, qu’il oublie. "Il a confondu Montauban et Toulouse, et n'a toujours pas qualifié Mohamed Merah de terroriste", écrit le quotidien régional sur son site web. Ainsi Nicolas Sarkozy a-t-il lancé à Vézins-de-Lévézou :

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Quand j'étais ministre de l'Intérieur et président de la République, entre 2002 et 2011, il n'y pas eu d'attentat. Il y en a eu un en 2012, malheureusement un particulièrement dramatique à Toulouse où des soldats français ont payé de leur vie (...) Et des enfants d'une école juive de Toulouse ont payé de leur vie.

"

Si l’on reprend le déroulé des tragiques événements de ce mois de mars 2012, Mohamed Merah a bien perpétré plusieurs attaques à Toulouse. Tout d’abord en assassinant un militaire, le 11 mars (et non plusieurs), avant de s’en prendre à une école juive le 19 mars. Entre temps, celui qui allait périr sous l’assaut du RAID avait également assassiné deux militaires à Montauban, fait que Nicolas Sarkozy ne cite pas.

Ces déclarations de Nicolas Sarkozy ont été prononcées après le dépôt la semaine dernière d'une plainte par Albert Chennouf-Meyer, le père d'une des victimes de Mohamed Merah à Montauban, qui lui reproche ainsi qu’à son ancien ministre Éric Woerth de ne pas qualifier ces crimes d'attentats. La plainte a été déposée à la gendarmerie pour "contestation de crime contre l'humanité et diffamation par atteinte à l'honneur et à la considération" du fils de Chennouf-Meyer, Abel, un des militaires tués par Mohamed Merah le 15 mars 2012.

Début décembre, sur Europe 1, interrogé sur son bilan en matière de sécurité et de renseignement, Nicolas Sarkozy avait souligné qu'entre "2002 et 2011", lorsqu'il était ministre de l'Intérieur puis président de la République, il n'y avait eu "aucun attentat en France", omettant volontairement ces tueries perpétrées par Mohammed Merah en mars 2012.

Fin janvier, sur iTÉLÉ, Éric Woerth avait affirmé qu’il n’y avait "pas eu d'attentats terroristes sous Sarkozy". "Le niveau de sécurité sous Sarkozy n'a jamais été aussi élevé", avait-il ajouté avant de juger que les crimes de Mohamed Merah n'étaient "pas un attentat" mais "le crime d'un furieux", "pas Daech", "pas un réseau international".

Ses propos ayant provoqué un tollé, Éric Woerth avait été contraint de rétropédaler sur Twitter : 

"

Il n'y a pas d'ambiguïté dans mon esprit : l'attentat terroriste commis par Merah est une abomination.

"

 

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