NKM remporte le grand concours d'antisarkozysme du 2e débat de la primaire de la droite

Publié à 01h27, le 04 novembre 2016 , Modifié à 01h27, le 04 novembre 2016

NKM remporte le grand concours d'antisarkozysme du 2e débat de la primaire de la droite
Nathalie Kosciusko-Morizet © Capture écran BFMTV

Il y a les paroles. Nathalie Kosciusko-Morizet a coutume de se présenter comme une tueuse, oui, mais qui "tire en pleine face". Et il y a les actes. De ce point de vue, les amateurs d'attaques verbales en direct à la télévision n'ont pas été déçus ce jeudi 3 novembre.

Durant le deuxième débat de la primaire de la droite, organisé sur BFMTV et iTÉLÉ, presque tous les candidats s'en sont pris à Nicolas Sarkozy. Certains ont pu le regretter à l'image de Bruno Le Maire qui s'est gentiment fait rabrouer par l'ancien chef de l'État. Mais au festival de l'antisarkozysme, la palme revient incontestablement à NKM.

L'ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy en 2012 a ainsi multiplié les attaques contre l'ex-Président. Parfois, cela était subtil, comme lorsqu'elle a expliqué qu'elle n'avait pas passé son service militaire à "balayer le sol de la caserne", elle, contrairement à d'autres –cet autre étant l'ancien chef de l'État.

Et puis tout est allé crescendo. Nicolas Sarkozy a voulu plaisanter en lançant ne pas être "sûr" de renommer NKM ministre. "Tu n'en auras pas l'occasion" lui a répondu la députée LR de l'Essonne. Et cela a débouché sur un violent échange :

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-          Nicolas Sarkozy : C'était une plaisanterie, naturellement.



-          Nathalie Kosciusko-Morizet : Moi non.



-          Nicolas Sarkozy : Si j'avais été réélu en 2012, je pense que Nathalie se serait fait une violence pour m'accompagner encore.



-          Nathalie Kosciusko-Morizet : Et est-ce que le Grenelle de l'environnement, tu l'aurais dénigré de cette manière ?



-          Nicolas Sarkozy : Pas du tout. Pas du tout.



-          Nathalie Kosciusko-Morizet : Et est-ce que les conseillers de la campagne de 2012 t'auraient accompagné pendant le mandat ?



-          Nicolas Sarkozy : Pas du tout. Pas du tout. Tu as été une très bonne porte-parole.



-          Nathalie Kosciusko-Morizet : Justement, j'ai vu de près et maintenant je suis candidate contre toi.

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Napalm. Kalach. Mitraillette. L'attaque contre Patrick Buisson et donc, par ricochets, contre Nicolas Sarkozy est violente. Mais ce n'est rien comparé à ce qui survient, en fin de débat, lorsque chacun des candidats est invité à dire pourquoi les Français doivent voter pour lui. En une minute, NKM étrille l'ancien président de la République sur son penchant pour la droite de la droite :  

 

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On a eu le burkini. On a eu les Gaulois. Et maintenant on nous fait le coup de l'invasion centriste. À en croire certains, la primaire risquerait d'être prise en otage par des hordes d'électeurs centristes qu'il faudrait à tout prix bouter hors du scrutin. Je crois que c'est à la fois mensonger et stupide. Nicolas Sarkozy a perdu en 2012. Si on veut gagner en 2017, il faut bien sûr rassembler des électeurs qui n'ont pas voté pour lui alors. En revanche, la primaire court un vrai risque, c'est celui d'être polluée par l'extrême droite. Il y a ceux qui reprendraient volontiers les thèmes de l'extrême droite. […] Dans ma vie politique, le premier à me faire confiance, ça a été Jacques Chirac. Il a montré la voie : pas de compromission avec les thèses du Front national. On ne fricote pas avec leurs idées, on ne braconne pas sur leurs terres. Et moi, comme Jacques Chirac hier, je pense que pour battre le Front national, il faut le combattre. Oui mais il y a un risque : que notre primaire soit polluée par l'extrême droite. Et il y a un risque : que le prochain mandat présidentiel soit empoisonné par l'extrême droite. Nous avons besoin d'un puissant contrepoison.

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La cible de NKM est claire. Notons tout de même que Jean-Frédéric Poisson, qui en a marre du cordon sanitaire existant entre la droite républicaine et l'extrême droite, en prend aussi pour son grade. Mais en invoquant Jacques Chirac pour dénoncer l'orientation politique de Nicolas Sarkozy, la candidate à la primaire a montré que malgré tous leurs efforts, tant qu'elle restera dans le métier, Bruno Le Maire et Jean-François Copé ne seront que les numéros 2 et 3 en matière d'antisarkozysme

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