Non-mixité, "enseignant·e·s racisé·e·s" : Jean-Michel Blanquer annonce porter plainte contre Sud éducation 93 pour son stage sur "l'antiracisme"

Publié à 17h08, le 21 novembre 2017 , Modifié à 17h10, le 21 novembre 2017

Non-mixité, "enseignant·e·s racisé·e·s" : Jean-Michel Blanquer annonce porter plainte contre Sud éducation 93 pour son stage sur "l'antiracisme"
© ERIC PIERMONT / AFP

L’organisation d’un stage syndical sur "l’antiracisme à l’école" en Seine-Saint-Denis, fin décembre, fait polémique. Interrogé lors des Questions au gouvernements ce mardi 21 novembre par la députée LREM Cécile Rilhac, Jean-Michel Blanquer annonce porter plainte contre le syndicat organisateur, Sud éducation 93. Le ministre de l’Éducation nationale déclare :

J’ai évidemment pris connaissance avec beaucoup de tristesse de cette initiative prise par un syndicat d’organiser ces ateliers qualifiés, j’ouvre les guillemets, de 'non-racialisés' et de 'racialisés' aussi. L’expression même utilisée est absolument scandaleuse. Elle ne peut pas avoir sa place dans l’éducation nationale. On parle de 'non-mixité raciale', on parle de 'blanchité', on parle de 'racisé'. Les mots les plus épouvantables de notre République sont utilisés au nom soi-disant de l’antiracisme alors qu’en fait ils véhiculent évidemment un racisme. C’est pourquoi, puisque ce syndicat a décidé de parler aussi de 'racisme d’État', j’ai décidé de porter plainte en diffamation à l’encontre de Sud éducation 93 en vertu de l’article 29 de la loi du 29 juillet 1881. Je regrette que le syndicat national ne se soit pas désolidarisé de la section de Seine-Saint-Denis.

Notons tout d’abord que si le terme de "blanchité" figure bien dans le tract syndical, il n’est pas fait mention, à notre connaissance, de ceux de "racialisé" et "non-racialisé", mais plutôt de "racisé". Ne pouvant lui-même interdire ce stage, comme le rappelle Cécile Rilhac dans sa question, Jean-Michel Blanquer décide donc de porte plainte en diffamation.

Sud éducation 93 a convié les enseignants, sur son site, à participer à un stage de deux jours, les 18 et 19 décembre prochains, intitulé "Au croisement des oppressions. Où en est-on de l'antiracisme à l'école ?"

Dans la série d'ateliers organisés, deux se dérouleront en "non-mixité", selon le programme affiché sur le site, qui précise par ailleurs que le stage est quasiment complet. "Pratiques de classes: outils pour déconstruire les préjugés de race, de genre et de classe" le lundi matin et "atelier récit d'expérience: quelle vie professionnelle pour les enseignant-e-s racisé-e-s?".

L'expression "non-mixité" a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux.

Les groupes en non-mixité peuvent être réservés à des personnes "racisées" (qui s'estiment victimes de préjugés ou de discrimination racistes en raison de leur origine), ou à des personnes se réclamant du genre féminin ou du genre masculin.

Dans un communiqué, Sud éducation 93 note que le stage est annoncé sur le site depuis la mi-octobre, "sans avoir suscité la moindre réaction" et dénonce la référence à un "tri des origines" dans la bouche du ministre.

Le syndicat, minoritaire dans l'Education nationale, indique qu'un dépôt de plainte "est en cours" concernant des insultes téléphoniques reçues ces derniers jours.

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