On a enfin les attributions des ministres "adjoints" de ministres (mais on n'est pas plus avancés)

Publié à 10h40, le 11 juillet 2017 , Modifié à 12h15, le 11 juillet 2017

On a enfin les attributions des ministres "adjoints" de ministres (mais on n'est pas plus avancés)
Les sept ministres "adjoints" qui n'ont aucune attribution précise © Montage le Lab via AFP

LE DROIT D'EN CONNAÎTRE (OU PAS) - Cela fait bientôt trois semaines qu'ils ont été nommés. Mais ils n'avaient jusqu'ici aucune attribution précise. Eh bien ça y est, on sait enfin ce que font au gouvernement les 8 ministres "adjoints" de ministres nommés le 21 juin dernier. Leurs périmètres d'action respectifs sont en effet précisés par décrets d'Emmanuel Macron publiés au Journal officiel mardi 11 juillet, repérés par la journaliste Florence Mehrez. Sauf que ces attributions restent en réalité des plus vagues.

Prenez par exemple Benjamin Griveaux. Ce très proche du président de la République est désormais "secrétaire d’État auprès du ministre de l’Economie et des Finances" (Bruno Le Maire). Et voici ce que dit le décret présidentiel le concernant :

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Monsieur Benjamin Griveaux, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, connaît de toutes les affaires que lui confie le ministre de l'Économie et des Finances. Pour l'exercice de ses attributions, le secrétaire d'État dispose, en tant que de besoin, des services placés sous l'autorité du ministre de l'Économie et des Finances, ou dont il dispose. Le secrétaire d'État reçoit délégation du ministre de l'Économie et des Finances pour signer, en son nom, tous actes, arrêtés et décisions, dans la limite des attributions qui lui sont confiées. Il contresigne, conjointement avec le ministre de l'Économie et des Finances, les décrets relevant de ses attributions.

 

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Ce qui nous inspire ce commentaire :



Les autres ministres "adjoints" ont droit à la même formulation. Pour rappel, il s'agit de Jacqueline Gourault, "ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’Intérieur" (Gérard Collomb), de Sébastien Lecornu et Brune Poirson, "secrétaires d’État auprès" de Nicolas Hulot, de Jean-Baptiste Lemoyne, "secrétaire d’État auprès" de Jean-Yves Le Drian (ministre de l’Europe et des Affaires étrangères), de Geneviève Darrieussecq, "secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées" (Florence Parly) ou encore de Julien Denormandie, "secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des territoires" (Jacques Mézard).

Seule Nathalie Loiseau, "ministre auprès" de Jean-Yves Le Drian, "chargée des Affaires européennes", se voit confier des domaines de compétences spécifiques. Et pas des moindres, puisqu'elle hérite notamment de "l'ensemble des questions relatives à la construction européenne, y compris les questions institutionnelles" (cliquez pour agrandir) :



Pour les autres, le flou persistant autour de leur rôle concret au gouvernement n'aidera sûrement pas à dissiper l'idée selon laquelle ils auraient avant tout été placés là par Macron pour surveiller leurs ministres de tutelle...

De mémoire de Lab, l'existence de ces ministres "adjoints" est (presque) du jamais vu : jusqu'ici, tous les membres du gouvernement avaient un champ d'action bien délimité et étaient censés se consacrer à cette tâche. Seule exception connue : Marie-Anne Montchamp, "secrétaire d'État auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale" (cruellement surnommée "secrétaire d'État à rien") pour les deux dernières années du quinquennat Sarkozy.

Notons tout de même que l'absence d'attribution officielle n'empêche pas les ministres et leurs "adjoints" de se répartir officieusement les différentes compétences incluses dans leurs portefeuilles.

Du rab sur le Lab

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