Opposé à la GPA, Jean-Luc Mélenchon affirme qu'il n'y a pas de droit à l'enfant

Publié à 06h43, le 19 janvier 2018 , Modifié à 06h50, le 19 janvier 2018

Opposé à la GPA, Jean-Luc Mélenchon affirme qu'il n'y a pas de droit à l'enfant
Jean-Luc Mélenchon © AFP

Jean-Luc Mélenchon est opposé depuis longtemps à la gestation pour autrui, plus communément désignée sous le sigle de GPA. En cause, pour le leader de la France insoumise, la marchandisation du corps humain, la GPA faisant selon lui de la femme "un outil de production". "Le jour où l’on me présentera une milliardaire qui, par amour d’une femme pauvre d’un bidonville, acceptera de porter son enfant, je réviserai mon point de vue", affirmait-il ainsi en janvier 2017 dans le JDD.

Le leader de La France insoumise ne change pas d'avis. S'il demeure favorable à l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes, le député de Marseille reste farouchement opposé à la GPA. Invité de LCI jeudi 18 janvier, il repend son exemple de la milliardaire "prête à faire un gosse pour une pauvre d'un bidonville" qui pourrait le faire changer d'avis. Puis il ajoute :

Je vais vous dire une chose : il n'y a pas de droit à l'enfant. Ça n'existe pas. Il y a les droits de l'enfant. Mais il n'y a pas de droit à l'enfant.

 

Jean-Luc Mélenchon précise qu'"il y a des milliers d'enfants qui n'ont pas de parents et qui aimeraient en avoir et qui sont disponibles pour être aimés". "Par conséquent, il y a dans la GPA une illusion et une injustice sociale totale", dit-il, poursuivant :

Je suis contre et je pense que si nous acceptions ça [la GPA], demain on fera de la vente d'organes, demain on payera les transfusions sanguines et ainsi de suite.

 

La phrase " il n'y a pas de droit à l'enfant" a fait réagir, notamment sur les réseaux sociaux, certains accusant Jean-Luc Mélenchon de reprendre à son compte l'un des arguments de La Manif pour tous ou plus largement de la droite. "Ne cédons pas face à ceux qui s’arrogent un droit à l’enfant", avait par exemple écrit la députée Les Républicains Valérie Boyer dans une tribune publiée par Le Monde en septembre 2017. "Les difficultés psychologiques, la souffrance liée à cette interrogation fondamentale 'qui suis-je ?' sont un lourd prix à payer pour satisfaire ceux qui s’arrogent un droit à l’enfant et le font primer sur le droit de l’enfant", ajoutait l'élue.

Mais cette expression n'est pas née avec la Manif pour tous. Un exemple parmi d'autres : en 2010, l'anthropologue féministe Françoise Héritier dénonçait déjà ce qu'elle appelait "le droit à la l'enfant". "On confond trop souvent le 'droit de' et le 'droit à'. Je sais bien que notre société ne tolère pas la frustration, mais ce droit à l'enfant n'existe pas, puisqu'en l'espèce l'enfant n'advient pas automatiquement !" , disait-elle ainsi dans une interview accordée à L'Express

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