Où l'on apprend que Jean-François Copé animait mariages, anniversaires et communions pour combler son silence médiatique

Publié à 13h11, le 14 janvier 2016 , Modifié à 15h02, le 14 janvier 2016

Où l'on apprend que Jean-François Copé animait mariages, anniversaires et communions pour combler son silence médiatique
Jean-François Copé entouré de ses meilleurs amis (on ne parle pas de Franck Riester ou de Luc Chatel) © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

I NEED A FIX CAUSE I'M GOING DOWN – Les "tartines" sont une drogue dure. Si, comme Jean-François Copé, vous en consommez chaque matin, l'arrêt brutal peut vous plonger dans un fort état de manque.

Parler au micro, donner son avis sur tout, apparaître à la télévision, courir les studios de radio, l'ancien président de l'UMP adorait ça. Mais vraiment. C'était ses "tartines" à lui. Mais après avoir démissionné de la présidence de l'UMP, l'élu a dû changer de régime (médiatique), un régime sans micro et du coup sans saveur.

Le plus dur, pour Jean-François Copé, ne fut pas d'arrêter de parler dans les médias. Comme pour toute autre addiction, le plus compliqué fut de ne pas replonger, de se prendre juste une dose, comme ça, de rien du tout, ce n'est pas grave, on vous jure que l'on n'est pas un drogué. Et les tentations furent nombreuses, comme il le raconte dans son ouvrage Le sursaut français (éd. Stock).

Jean-François Copé a dû se faire violence, lutter contre cette voix intérieure qui lui disait, à la simple vue d'un micro : "allez… parle… c'est bon… tu en as envie… laisse-toi aller…". Il a donc dû trouver une parade pour ne pas s'exprimer publiquement : multiplier les mariages, anniversaires, communions, barmitsvas et autres réceptions où traînent forcément un ampli et un micro.

Il écrit :

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Autant dire que c'est aussi une période où je confiais à mes amis mon entière disponibilité pour animer leurs cérémonies de mariage, communions et anniversaires, seul support que je m'autorisais pour glisser, entre deux compliments, ce que je pensais de la France…

 

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Vous imaginez le décor : vous mariez votre fille et demandez tout naturellement à votre ami politique d'animer la réception. Et là, entre deux compliments sur le merveilleux couple, un toast du tonton bourré  et un PowerPoint sur la musique d'Amélie Poulain retraçant l'adolescence des époux en bootcut, ce même ami explique que, quand même, l'utilisation de l'article 49-3 pour faire adopter la loi Macron est une ignominie et que Manuel Valls doit démissionner... Charmant, n'est-ce pas ?

Mais il faut savoir pardonner à Jean-François Copé. Cette période qu'il a dû traverser est le même chemin de croix qu'empruntent les junkies désireux d'être clean pour de bon. "Certes, l'envie de réagir publiquement à tel ou tel événement intervenu en France ou dans le monde m'a parfois taraudé, rapporte Jean-François Copé. Il ajoute :

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C'est vrai aussi que, ayant choisi de m'abstenir de tout discours, meeting, réunion publique, la vue régulière d'un micro à proximité m'a fait le même effet traumatique qu'un ancien fumeur invité à une soirée où les cigarettes sont consommées en masse, mais qui n'en accepte aucune !

 

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Et au final, il a tenu bon. Jusqu'à maintenant: Jean-François Copé va replonger avec au moins deux émissions et une matinale radio programmées d'ici fin janvier.

Du rab sur le Lab

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