Pas au courant de la candidature de Solère à la questure, des députés UDI menacent de quitter Les Constructifs

Publié à 16h56, le 29 juin 2017 , Modifié à 17h08, le 29 juin 2017

Pas au courant de la candidature de Solère à la questure, des députés UDI menacent de quitter Les Constructifs
Le député UDI Philippe Vigier. © GUILLAUME SOUVANT / AFP

La pagaille semée par LREM dès le deuxième jour de la législature a pu donner l’impression d’avoir tout vu des tensions à travers les (nombreuses) colères exprimées dans l’hémicycle, mercredi 28 juin jusque tard dans la nuit. Il n’en est rien. Car il y a aussi les divergences au sein des groupes. Des divergences qui ont déjà atteint le stade de crise au sein du groupe Les Constructifs 24 heures après sa constitution.

En cause : la candidature de Thierry Solère au poste de questeur réservé à l’opposition, face à Éric Ciotti. Ce jeudi, plusieurs députés UDI se montrent publiquement ulcérés de n’avoir pas été mis au courant de cette candidature surprise et cachée, alors que celle-ci "devait revenir aux Républicains qui sont les plus nombreux, c’est la tradition de cette maison", comme le rappelle Philippe Vigier au micro de LCP. Il fulmine :

 

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Il y a eu un choix d’un candidat sans même qu’il y ait eu une discussion de l’ensemble des parlementaires du groupes Les Constructifs. [...] Jamais aucune décision ne s’est prise comme cela à l’insu des parlementaires. C’est un peu de l’irrespect.

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Le député d’Eure-et-Loire, lui-même président du groupe UDI entre 2014 et 2017, va jusqu’à menacer de quitter le groupe des Constructifs :

 

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C’est une erreur de leur part. En tout cas, nous n’en resterons pas là. On doit avoir un fonctionnement différent ou alors ce fonctionnement n’existera plus. En tout cas, moi je ne resterai pas dans un groupe longtemps dans lequel il y a ce genre de fonctionnement. [...] J’attends que clairement on sorte de ces combines à pétrole qui peuvent s’organiser à un moment ou à un autre dans le dos des députés, tout simplement.

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Une question qui "ne se pose pas pour le moment", assure de son côté Bertrand Pancher. Mais cet élu UDI membre des Constructifs tient tout de même à faire part de sa colère après ce moment "désagréable" qu’il a vécu mercredi et qui n’a "pas franchement donné une très très bonne image de [leur] cohésion"

 

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Il y a eu une franche explication. On a souhaité aujourd’hui faire en sorte que les incidents d’hier ne se reproduisent plus, c’est-à-dire qu’on soit évidemment tous informés quand il y a des stratégies qui doivent se mettre en place. C’était le cas avec la candidature au dernier moment du questeur Thierry Solère. On l’a tous appris sur les bancs de l’Assemblée, hier après-midi. C’était assez désagréable. Bon. Dont acte. On espère vraiment que tout ça ne se reproduira plus. Ça n’a pas franchement donné une très très bonne image de notre cohésion.

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Yves Jégo a aussi observé auprès de l’AFP que l'élection comme questeur de Thierry Solère, "un choix personnel" qui "n'a pas été validé par notre groupe", avait "ouvert un débat juridique" et entraîné le président de l'Assemblée "vers des errements". Concernant l'avenir dudit groupe, le député UDI de Seine-et-Marne a jugé que "tout est possible" quant à une éventuelle scission, Jean-Christophe Lagarde affirmant de son côté qu'"il y a débat".

Jeudi matin, le président de l'UDI et député de Seine-Saint-Denis a par ailleurs annoncé le dépôt d'un recours devant le Conseil constitutionnel "pour contester l'élection des vice-présidents" de l'Assemblée nationale, tous représentants de la majorité (cinq LREM et un MoDem). Selon le dirigeant centriste, "l'UDI se retrouve spoliée", alors qu'un élu de son parti, Yves Jégo, était pressenti pour une vice-présidence notamment.

"S'il s'avère qu'au bout d'une procédure, ces six vice-présidents ne sont pas légalement élus, ça remet en cause juridiquement toutes les décisions qui seraient prises par le bureau", a mis en garde Yves Jégo. Fait rare, l’élu de Seine-et-Marne avait d’ailleurs fait un rappel au règlement, mercredi soir, au président de l’Assemblée. Après le boycott de Christian Jacob, François de Rugy avait présenté de nouveaux candidats à la vice-présidence, alors que les articles 10, 25 et 26 l’interdisent.

Enfin, l’UDI a échoué à récupérer ce jeudi la présidence de la commission des finances (également dévolue à l’opposition). C’est finalement Éric Woerth qui l’a emporté au troisième tour face à Charles de Courson.

La participation des élus UDI au groupe des Constructifs ne leur a donc pour l'instant rien apporté de très *constructif* puisqu'ils n'ont finalement obtenu ni la questure, ni la vice-présidence, ni la présidence de la commission des finances.

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