Pas candidat mais en campagne pour 2017, Emmanuel Macron épargne (à moitié) François Hollande

Publié à 07h24, le 13 juillet 2016 , Modifié à 07h55, le 13 juillet 2016

Pas candidat mais en campagne pour 2017, Emmanuel Macron épargne (à moitié) François Hollande
© ALAIN JOCARD / AFP

Lors de son premier grand meeting à la Mutualité mardi 12 juillet, Emmanuel Macron a fait une démonstration de force. Le leader d’En Marche, son mouvement "et de droite, et de gauche", a affiché sa volonté de "changer le pays" à travers "un rassemblement large, fort, volontaire". Dans un discours fleuve de plus de 1h20 prononcé devant 1.800 personnes (plus des partisans restés à l'extérieur), Emmanuel Macron a levé plusieurs doutes sur ses ambitions, sans toutefois se déclarer officiellement candidat à la présidentielle de 2017.

Car pour l’instant, Emmanuel Macron n’a pas de programme. Il a donc fait cette étrange déclaration de candidature :

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Nous ne sommes candidats qu'à une chose, c'est porter un programme, c'est porter une vision, c'est changer le pays.

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Comprendre : il y aura une campagne... mais sans candidat (pour l'instant). Pourquoi ne pas lever le doute ? Parce que - et il est peut-être utile de le rappeler - Emmanuel Macron est toujours membre du gouvernement de Manuel Valls (qu'il a fait bouillir). Plus précisément, il occupe la fonction de ministre de l’Economie.

Alors, comme il est toujours censé être "loyal" au président de la République, dont il a été le conseiller avant d’entrer au gouvernement en 2014, Emmanuel Macron a remercié, sans le nommer, celui dont il a été le chouchou :

 

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Le président de la République m'a fait confiance et je ne l'en remercierai jamais assez.

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Le patron d’En Marche, dont la démarche pourrait élargir l'électorat de François Hollande, a même refusé de critiquer le chef de l'Etat :

 

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Je ne veux pas d'une mode qui [...] consisterait à dire du mal du gouvernement ou du président de la République, ce n'est pas ma crémerie !

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Malgré ces déclarations, Emmanuel Macron n’a pas pu s’empêcher de lancer quelques petites piques en parlant d'un pays "usé des promesses non tenues" et usé "de l'entre chien et loup".

Tant qu’il est encore au gouvernement (qu’il pourrait bientôt quitter), Emmanuel Macron continue donc de souffler le chaud et le froid sur ses ambitions présidentielles qui s'annoncent comme un nouvel obstacle pour un deuxième quinquennat Hollande.

En tout cas, Gérard Collomb, le plus fervent soutien du ministre de l’Economie, assure dans Le Figaro du 13 juillet qu’"il y a une relation de confiance" entre les deux hommes. "Pour le chef de l’Etat, Emmanuel Macron est une sorte de fils, même si c’est un fils prodigue. Hollande me semble avoir de la tendresse pour lui. Mais il peut ressentir, comme tous les pères qui voient leur fils grandir, un pincement au cœur", selon le sénateur-maire PS de Lyon.

[BONUS TRACK] Jets d’œufs, S01E02

Le meeting a débuté dans une ambiance tendue aux abords de la salle : les participants ont été accueillis par une centaine de manifestants contre la loi Travail avec... des jets d’œufs et des sifflets. "Les bourgeois, les banquiers, c'est par là", a crié un manifestant en montrant l'entrée de La Mutualité, alors que des partisans du ministre, nombre d'entre eux en costume (qu'ils se sont *payé en travaillant* ?), attendaient de pouvoir entrer.

A Montreuil, Emmanuel Macron avait déjà été accueilli par des jets d’œufs lancés par des manifestants contre la loi Travail. 

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