Pas officiellement candidat à la primaire du PS, Arnaud Montebourg sollicite quand même la dotation du parti

Publié à 16h33, le 19 septembre 2016 , Modifié à 16h33, le 19 septembre 2016

Pas officiellement candidat à la primaire du PS, Arnaud Montebourg sollicite quand même la dotation du parti
© Arnaud Montebourg et Jean-Christophe Cambadélis. © Montage via AFP.

#GIVEMEMONEY Publiquement, il laisse encore planer le doute sur sa participation à la primaire du PS et de ses alliés. En coulisses, les signaux sont en revanche de plus en plus clairs. Arnaud Montebourg devrait bel et bien prendre part au scrutin de la "Belle alliance populaire" (BAP) organisé par la rue de Solférino en janvier. L’ex-ministre de l’Economie, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle en août à Frangy, a en effet sollicité la dotation du parti, a révélé dimanche Le Journal du dimanche.

C’est François Kalfon, son directeur de campagne, qui a fait la demande. Arnaud Montebourg n’est pas le seul : Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche, candidats déclarés (au même titre que le député écologiste François de Rugy et le président du Front démocrate Jean-Luc Bennahmias) ont eux aussi réclamé leur part du gâteau le 7 septembre lors d’une réunion de la Commission nationale de l’organisation de la primaire (CNOP) présidée par le député de la Haute-Garonne Christophe Borgel.

Le montant demandé par les candidats ? 100 000 euros, écrit le JDD. En 2011, lors de la précédente primaire socialiste, la rue de Solférino avait promis "la même enveloppe pour tout le monde", soit environ 50 000 euros. Mais, selon Le Parisien, les cinq candidats du PS n’avaient pas bénéficiédes mêmes remboursements de campagne de la part du parti. Loin de là : de 180 000 euros pour Ségolène Royal à 50 000 euros pour François Hollande. Aucune règle particulière n’oblige par ailleurs le parti à veiller à l’égalité des dépenses entre les concurrents de la primaire.

Surnommé le "Monsieur élections du PS", Christophe Borgel, bras droit du Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, veille au grain au processus. "Je leur ai expliqué à tous qu’ils doivent faire attention aux règles",a-t-il déclaré. En effet, pour obtenir un financement du PS, les candidats à la primaire doivent notamment créer leur micro-parti. Arnaud Montebourg et Benoît Hamon l’ont déjà fait. François Hollande, s’il décide de se représenter, pourra lui aussi compter sur le sien, Répondre à gauche, toujours actif.

Le JDD précise qu’Arnaud Montebourg, via François Kalfon, a sollicité une avance de la moitié des fonds. Mais le PS, lui, préférerait attendre. Avec un argument, donné par un haut cadre du parti, qui ne concernera sans doute pas l’ancien ministre à l’origine du processus de la primaire :

 

"

"On ne va pas débloquer de l’argent pour des candidats qui, au final, n’auront peut-être pas les parrainages".

"

L’ex-ministre du Redressement productif avait déjà fait savoir qu’il dirait à la mi-décembre s’il participe ou non à la primaire de la "BAP", une fois que François Hollande aura lui-même fait connaitre ses intentions sur la présidentielle. Mais, sur France Inter, le 12 décembre, il avait fait unpas supplémentaire : "Si François Hollande emporte la primaire, j’accepterai le résultat", avait-il affirmé.

La veille, à l’université d’été des frondeurs du PS à La Rochelle, Arnaud Montebourg avait déjà redit son soutien au processus de la primaire. "Pour ma part, j’ai toujours dit que j’étais favorable à cette primaire, que je m’y inscrirai". Tout en nuançant immédiatement, ciblant d’éventuelles mauvaises intentions de la direction du PS, qui pourrait être tentée selon lui de privilégier François Hollande : "J’ai besoin de garantie sur la loyauté, j’ai besoin qu’elle ne soit pas une primaire réduite à la portion congrue, j’ai besoin qu’elle ne soit pas une sorte de petit galop d’essai pour servir de faire-valoir". 

Du rab sur le Lab

PlusPlus