Patrick Mennucci défouraille sur le "parachutage" de Jean-Luc Mélenchon à Marseille, "une reproduction en pire de la vieille politique"

Publié à 17h51, le 10 mai 2017 , Modifié à 19h11, le 10 mai 2017

Patrick Mennucci défouraille sur le "parachutage" de Jean-Luc Mélenchon à Marseille, "une reproduction en pire de la vieille politique"
© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Jean-Luc Mélenchon sera candidat aux législatives. Le quatrième homme de cette présidentielle l’a annoncé ce mercredi 10 mai sur BFMTV. Cela étant dit, et une fois l’"hésit[ation]" passée, reste à régler la question de la circonscription. Successivement sénateur de l’Essonne, député européen du Sud-Ouest et candidat aux législatives à Hénin-Beaumont (Nord), le leader de La France insoumise n’a pas de fief électoral et se cherche activement une circonscription, de préférence dans une des grandes villes où il est arrivé en tête. Il devrait jeter son dévolu sur Marseille. Alors n’allez surtout pas lui parler de parachutage : il rétorquera qu’il est "partout chez" lui, que "la France est [sa] patrie" et arguera qu’il fait "des escales dans l'existence comme beaucoup de Français, et vous savez, à Marseille, le nombre de gens qui sont là par escale".

Aussi habile soit-il, cet argument n’a pas *vraiment* convaincu celui qui devrait l’affronter localement, son ancien camarade de la Gauche socialiste : Patrick Mennucci. Dans un post Facebook, le député PS sortant de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône, candidat à sa succession, défouraille à tout va sur Jean-Luc Mélenchon. Selon ce soutien de Benoît Hamon, le défenseur de la VIe République "reprodui[t] en pire la vieille politique" avec ce "parachutage" :

 

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Après avoir tenu des grands discours sans grande précision sur la VIe République, nous découvrons maintenant qu'en réalité elle consiste à une reproduction en pire de la vieille politique : Parachutage, petits arrangements pour son propre intérêt, manœuvre dans le microcosme politique marseillais, ...



Son parcours plaide d'ailleurs dans ce sens et les observateurs avisés ne seront pas surpris : En l'espace de 8 ans il fut sénateur de l'Essonne, député européen du sud-ouest, candidat aux législatives dans le Nord et maintenant candidat dans les Bouches-du-Rhône. À ce niveau, ce n'est plus un homme politique mais bien un nomade électoral.

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Patrick Mennucci explique, résultats électoraux à l’appui, pourquoi la candidature de Jean-Luc Mélenchon n’a aucun sens politiquement, si ce n’est celui d’un "combat gauche contre gauche" :

 

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[Son choix] clarifie la stratégie politique de Jean-Luc Mélenchon : en effet, en venant dans la seule circonscription de l'arc méditerranéen où le Front National n'a aucune chance d'être au second tour (14,3% au premier tour de la présidentielle), où la droite ne peut l'emporter (10,8% au premier tour de la présidentielle) il montre que son seul combat, le sens de son engagement politique est le combat gauche contre gauche. Il construit un affrontement avec un député qui a soutenu jusqu'au bout Benoît Hamon, qui s'est battu pour l'amnistie sociale des syndicalistes, contre la déchéance de nationalité pour les seuls binationaux et contre la loi travail.

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Yannick Jadot a d'ailleurs fustigé La France insoumise qui voudrait "buter" le PS aux législatives.

L’élu des Bouches-du-Rhône semble être à la recherche du "respect" de Jean-Luc Mélenchon pour ses "électeurs", qu’il verrait comme "des instruments de son ambition personnelle". Il dit refuser que Marseille soit le "marche-pied" de son futur adversaire aux législatives, tandis que lui se présente comme un élu local qui a pris "à bras le corps les problématiques marseillaises". C'est pourquoi il lui propose "un débat sur Marseille" pour "parle[r] un peu du fond et des problèmes du centre-ville", selon Le Figaro.

Patrick Mennucci, pas en reste d’arguments, s’en prend finalement pêle-mêle au refus de Jean-Luc Mélenchon de prendre position au second tour de la présidentielle, à sa déclaration polémique sur les travailleurs étrangers qui voleraient le "pain des travailleurs français", ainsi qu’à ses positions internationales sur la Russie et la Syrie. Tout cela, explique-t-il, montre que le choix de Jean-Luc Mélenchon est une "erreur fondamentale".

Au cas où on pouvait encore en douter, la campagne des législatives a bel et bien commencé. 

Du rab sur le Lab

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