Penelope Gate : pour défendre Fillon, Solère ramène subitement Bernadette Chirac dans l'affaire

Publié à 10h37, le 26 janvier 2017 , Modifié à 10h41, le 26 janvier 2017

Penelope Gate : pour défendre Fillon, Solère ramène subitement Bernadette Chirac dans l'affaire
Thierry Solère © AFP

SORTI DE NULLE PART - Alors celle-là, il faut bien avouer qu'on ne l'avait pas vue venir. Depuis mardi 24 janvier, l'affaire de l'emploi fictif présumé de Penelope Fillon occupe les esprits. Et tout à coup, on en vient à parler de Bernadette Chirac dans le cadre de cette violente polémique. Et on doit cela à Thierry Solère.

Ce dernier est porte-parole de François Fillon. En attendant que le candidat à la présidentielle s'exprime au JT de TF1 jeudi 26 janvier, il fait donc partie des membres de son équipe chargés de tenter d'éteindre l'incendie dans les médias (ce qui marche moyennement bien, d'ailleurs). Ce jeudi matin, Thierry Solère est donc sur RMC face à Jean-Jacques Bourdin. Il répète que tout cela "est légal", que oui Penelope Fillon a bien fourni un travail effectif en échange de ses salaires de collaboratrice parlementaire.

Puis il dégaine un premier argument surprenant :

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Ça fait 30 ans que François Fillon a commencé sa carrière politique a Sablé[-sur-Sarthe], il a été maire puis parlementaire. Et la famille Fillon, elle a été élevée à Sablé et madame Fillon, de toute évidence, elle accompagne son mari dans la vie publique. La meilleure preuve de tout ça, c'est que madame Fillon, elle est elle-même aujourd'hui élue de cette circonscription de la Sarthe. Elle est élue locale.

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La "preuve" que Penelope Fillon a bien été assistante parlementaire résiderait donc dans le fait qu'elle est ensuite devenue "élue locale", plus précisément conseillère municipale de Solesmes (Sarthe) depuis 2014. Comprendre : c'est son activité en circonscription au service de son mari qui lui aurait conféré un enracinement et une légitimité à même de convaincre les électeurs de voter pour elle.

Bon.

Thierry Solère détaille ensuite le parcours politique de François Fillon, du local au national, pendant que sa femme restait à Sablé-sur-Sarthe, en tant qu'assistante parlementaire donc :

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François Fillon devient maire très jeune de Sablé, c'est une toute petite ville, et puis après il devient parlementaire, très jeune également. Comment ça marche concrètement ? Bah il est deux-trois jours dans sa mairie puis après il va au Parlement. Puis François Fillon fait une carrière nationale, il devient ministre. Qu'est-ce qu'elle fait, madame Fillon ? Elle habite toujours à Sablé. Elle vient pas à Paris. Les enfants, manifestement, sont élevés dans la Sarthe. Qu'est-ce qu'elle fait ? C'est elle, le relais de son mari. Et donc depuis toutes ces années, elle l'accompagne.

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Et d'expliquer que tout cela ressemble d'ailleurs fortement au parcours du couple Chirac. C'est "exactement" pareil, dit-il, soulignant que Jacques Chirac avait quitté la Corrèze, sa terre d'élection, pour "monter à Paris". Jean-Jacques Bourdin lui fait alors remarquer très judicieusement ceci :

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Mais son épouse n'a jamais été attachée parlementaire.

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Et là, Thierry Solère instille LE SOUPÇON :

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Bah d'abord j'en sais rien, d'abord j'en sais rien.

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Non mais très bien, commençons à sous-entendre que Bernadette Chirac a été elle aussi collaboratrice en "circo" de son époux, le tout pour les besoins de la défense de François Fillon. Car si elle a bien contribué grandement à la carrière politique de Jacques Chirac, l'ancienne première dame n'a aux dernières nouvelles jamais été formellement embauchée par le député Chirac. Mais vu ce qu'on découvre ces derniers temps, après tout... 

On sent donc bien que Thierry Solère commence à être *un peu* à court d'arguments. Il poursuit toutefois :

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Et deuxièmement, madame Chirac, elle a toujours été le lien de Jacques Chirac avec la Corrèze, elle en a été l'élue comme madame Penelope Fillon, à part que madame Fillon, vous l'avez moins vue que madame Chirac. Pourquoi ? Parce que son tempérament, à madame Fillon, c'est la discrétion. Mais elle accompagne son mari dans la circonscription depuis toutes ces années.

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Ça aussi, c'est une "preuve" ?

Du rab sur le Lab

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