Pour Bayrou, les propos de Sarkozy sur les enseignants qui travaillent six mois sont "encore une manière de fracturer le pays"

Publié à 08h49, le 19 octobre 2016 , Modifié à 08h49, le 19 octobre 2016

Pour Bayrou, les propos de Sarkozy sur les enseignants qui travaillent six mois sont "encore une manière de fracturer le pays"
François Bayrou © AFP

François Bayrou ne souhaite pas la victoire de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite. C’est le moins que l’on puisse écrire. Ce soutien d’Alain Juppé, prêt à se (re)lancer dans une campagne présidentielle en cas de victoire de Nicolas Sarkozy au scrutin pré-présidentielle de la droite, s’attaque à l’ancien chef de l’Etat, même quand le sujet ne porte pas uniquement sur Nicolas Sarkozy.

Interrogé sur RTL ce mercredi 19 octobre sur la volonté de plusieurs candidats à la primaire, dont Nicolas Sarkozy, de voir les enseignants passer plus de temps au sein de l’école, François Bayrou, ancien ministre de l’Education nationale (1993 à 1997), réplique à une intox de l’ancien Président. Ainsi est-il revenu sur le gros raccourci de Nicolas Sarkozy selon qui les enseignants travaillent six mois par an en mode fact-checking, estimant les affirmations sarkozystes "insultantes" :

J’ai entendu hier Nicolas Sarkozy dire que les profs travaillent six mois par an. C’est une déclaration insultante et même pas arithmétique. Pire qu’un mensonge. Il est arrivé à six mois par an parce que les profs sont censés travailler 180 jours. Si vous divisez 180 jours par 30 jours, vous arrivez à six mois. Que je sache, il y a 20 jours de travail par mois. C’est donc 9 mois. Et tout ce travail-là il est doublé par les préparations, les conseils de classe, les entretiens avec les parents, les bulletins de classe qu’il faut remplir.

"Ça n’est pas seulement que ça me choque, je trouve ça insupportable", renchérit le président du Modem, assurant que "pas un de ceux qui tiennent ces propos ne tiendrait trois heures devant une classe". Foi de professeur agrégé de lettres classiques.

Pour appuyer son raisonnement et montrer que les affirmations de Nicolas Sarkozy sont nulles et non avenues, François Bayrou fait le parallèle avec un journaliste d’une matinale radio :

Ceux qui s’expriment de cette manière-là n’ont aucune idée de la difficulté de ce métier. Parler uniquement des heures de présence devant la classe, c’est comme si, vous journaliste, vous n‘êtes au micro qu’une heure par jour et que vous êtes des paresseux.

"C’est un climat de soupçon à l’égard de l’ensemble de la fonction publique qui est irrecevable. Et c’est encore une manière de fracturer le pays", conclut-il.

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