Pour Dupont-Aignan, avec Bartolone, "toute l'Ile-de-France ressemblera à la Seine-Saint-Denis"

Publié à 15h28, le 09 mai 2015 , Modifié à 17h53, le 09 mai 2015

Pour Dupont-Aignan, avec Bartolone, "toute l'Ile-de-France ressemblera à la Seine-Saint-Denis"
Nicolas Dupont-Aignan © JACQUES DEMARTHON / AFP

SEINE-SAINT-DENIS STYLE - Claude Bartolone dans la course, Jean-Paul Huchon fait de la résistance. L'actuel président PS de la région Ile-de-France ne s'est pour le moment pas rangé derrière la candidature, qui se veut rassembleuse à gauche, du président de l'Assemblée nationale. Et en attendant le dénouement dans les prochains jours, c'est bien ce dernier que cible Nicolas Dupont-Aignan, samedi 9 mai. 

Invité de France 3 Paris à la mi-journée, le président de Debout la France, également candidat en Ile-de-France aux régionales de décembre, glisse cette attaque à destination du titulaire du "perchoir" :

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Monsieur Bartolone a été président du conseil général de la Seine-Saint-Denis, alors si on veut que toute l'Ile-de-France ressemble à la Seine-Saint-Denis, on prend Bartolone. Bon courage, bonne chance !

 

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L'élu socialiste, appelé au secours par l'exécutif pour mettre fin au duel fratricide Huchon-de La Gontrie et éviter la candidature de Benoît Hamon, a en effet dirigé ce département de 2008 à 2012. Il en est également le député depuis 1981. Autant dire qu'il connaît le terrain et qu'il y a des réseaux bien implantés, qui lui ont d'ailleurs valu les surnoms de "parrain" ou de "Don Barto"

Nicolas Dupont-Aignan n'explique en revanche pas s'il s'attaque ici à la situation socio-économique du 93 (département le plus pauvre de la région et l'un des plus pauvres de France) ou à la gestion politique propre à Claude Bartolone. Mais de manière générale, le patron de DLF ne veut "ni des sortants ni des revenants" pour cette élection. "C'est-à-dire que je ne veux pas de Bartolone, mais je ne veux pas non plus des Tron, Balkany, Pécresse", ajoute-t-il. Si Valérie Pécresse est tête de liste pour l'UMP en Ile-de-France, Georges Tron et Patrick Balkany, eux, ne sont pas candidats. "Non mais enfin on verra, dans les listes", élude "NDA". 

Lui veut "du renouveau" et "redonner la région aux habitants". Il fulmine :

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C'est curieux, c'est une des régions les plus riches de France, dit-on, et c'est une des régions où on vit le plus mal. Et qu'est-ce que je constate ? C'est que la région c'est un jouet. C'est un jouet pour des profiteurs, pour des élus qui ne s'occupent plus des habitants. [...] Je ne veux pas de grands projets, il faut retourner sur le terrain, améliorer la vie quotidienne. Et ce ne sont pas ceux qui ont échoué depuis 20 ans, qui se partagent le pouvoir en Ile-de-France, qui vont y arriver.

 

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[Edit 16h35]

L'actuel président (PS) du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, a rapidement réagi sur Twitter, feignant de s'interroger quant au sens des propos du député de l'Essonne. Et d'ajouter : "Nous méprisons ses idées comme il nous méprise !"

[Edit 17h55]

Comme il l'a précisé hors antenne à France 3, après la réaction de Stéphane Troussel et pour éviter toute polémique, Nicolas Dupont Aignan faisait référence à la gestion socialiste du département.

[BONUS TRACK] Non-demande de démission

Après l'annonce de sa candidature, plusieurs élus UMP ont demandé à Claude Bartolone de se mettre en réserve de la présidence de l'Assemblée nationale, anticipant un manque de "neutralité" de sa part. Mais Nicolas Dupont-Aignan, lui, ne réclame pas sa démission. En réalité, il s'en contrefiche :

 

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Cette polémique ne m'intéresse pas. Je vais vous dire : monsieur Bartolone se présente parce que le bilan de monsieur Huchon est tellement catastrophique - dans les transports, dans la sécurité, etc. - qu'ils trouvent quelqu'un d'autre. Monsieur Bartolone est président de l'Assemblée nationale et il va faire campagne, c'est son choix. Ça ne m'intéresse pas.

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