Pour Emmanuel Macron, Christiane Taubira est un exemple de "l'hémiplégie française"

Publié à 09h13, le 24 février 2017 , Modifié à 13h22, le 24 février 2017

Pour Emmanuel Macron, Christiane Taubira est un exemple de "l'hémiplégie française"
Christiane Taubira et Emmanuel Macron au temps du gouvernement © YOAN VALAT / POOL / AFP

Emmanuel Macron ne crée pas seulement la polémique quand il présente la colonisation française comme "un crime contre l'humanité". Lorsqu'il parle des personnes "humiliées" lors du débat sur le mariage pour tous, le candidat de En Marche ! s'attire également les foudres de ses adversaires. Ces mots ont par exemple profondément énervé Christiane Taubira qui, dans l'émission Stupéfiant ! sur France 2, a laissé éclater sa colère. "Les agressions physiques homophobes, c’est la Manif pour tous qui les a supportées ? Les insultes homophobes, la disqualification de toute famille en dehors de celle avec un papa, une maman, un petit garçon et une petite fille… Ces gamins qui ont entendu qu’on les traitait 'd'enfants Playmobil'. Elle était dans quel camp, l’humiliation ?", s'est-elle indignée.

Invité de BFTMV ce vendredi 24 février, Emmanuel Macron répond à son ancienne collègue du gouvernement Valls. Et il regrette que l'ex-ministre de la Justice n'ait pas fait part de la même colère lorsqu'il a été attaqué pour ses propos sur la colonisation. "Christiane Taubira qui, avec talent, a préfacé les textes sur le Code noir, aurait pu venir en soutien", lance-t-il avant d'attaquer frontalement :

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Ça, c'est l'hémiplégie française. On attaque toujours l'autre sur ce sur quoi on doit l'attaquer pour essayer de l'affaiblir et pour défendre son camp mais on ne regarde pas la totalité de ses propos. J'aurais aimé qu'elle ait cette même colère sur la colonisation, sur un sujet qu'elle a beaucoup défendu. Tant pis pour nous.

 

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Et Emmanuel Macron d'estimer qu'il n'a "pas de leçons à recevoir sur la famille et la notion de famille". "J'ai ma vie, j'ai ma propre famille et elle n'est pas classique non plus", ajoute-t-il pour expliquer que, de fait, il n'y a pas une mais des familles. Il poursuit :

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Je sais ce que c'est que le poids du regard des autres, l'humiliation et le fait de pousser les gens dans leurs retranchements. Je l'ai vécu, moi. Ce n'est pas théorique. Je l'ai vécu. Moi je n'ai pas de leçons à recevoir de qui que ce soit.

 

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En conclusion, Emmanuel Macron précise qu'il ne parlait pas de la Manif pour tous lorsqu'il a évoqué les personnes "humiliées" lors du débat sur le mariage pour tous. "Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d'ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes. C'est ce qui s'est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là", avait expliqué le candidat d’En marche ! dans une interview à L’Obs mi-février. "Je parle de Françaises et de Français dont les convictions profondes sincères n'étaient pas favorables au mariage pour tous – alors que moi j'y suis favorable – et qui ont eu le sentiment qu'on ne leur expliquait pas et qui ne sont en rien les excessifs, les brutaux", affirme-t-il ce vendredi.

 

[BONUS TRACK] Paternalisme

Où l'on parle, à nouveau, de l'affaire Fillon. Emmanuel Macron est catégorique : il n'aurait pas fait ce qu'a fait l'ancien Premier ministre, à savoir demander à son épouse de ne pas s'exprimer publiquement comme le rapporte François Fillon, cité par Paris-Match.

Mais le candidat de En Marche ! tient toutefois à apporter son soutien à Penelope Fillon. "J'ai beaucoup de respect pour l'épouse de François Fillon, admet-il. Je ne la connais pas mais ce qui se passe pour elle est d'une extrême violence. Et moi je ne joue pas avec ça." Il reconnaît cependant qu'il n'aurait pas pu se comporter de la sorte avec sa propre épouse :

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Si j'essayais de dire une telle chose à ma femme, que elle je connais, je pense qu'elle m'enverrait sur les roses assez rapidement.

 

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