Pour François Baroin, la France de François Hollande est le dernier "pays marxiste" du monde (avec la Corée du Nord)

Publié à 15h23, le 29 juin 2016 , Modifié à 15h34, le 29 juin 2016

Pour François Baroin, la France de François Hollande est le dernier "pays marxiste" du monde (avec la Corée du Nord)
François Baroin © Christophe Petit Tesson POOL AFP

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Et rejoignez la France car vous ne le savez peut-être pas mais la patrie de Clovis et du général de Gaulle – on n'a pas fait mieux en matière d'ellipse temporelle depuis 2001 L'odyssée de l'espace – est aujourd'hui le dernier bastion du communisme dans le monde. Enfin le dernier si on occulte volontairement la Corée du Nord, pays pas franchement décidé à jouer la carte internationaliste.

C'est en tout cas l'avis de François Baroin. Celui qui pourrait devenir Premier ministre en cas de victoire de Nicolas Sarkozy à la prochaine élection présidentielle participait, ce mercredi 28 juin, à la "Journée de travail sur les institutions" organisée par Les Républicains. Le président de l'Association des maires de France en a profité pour évoquer la situation économique en France et notamment la baisse des investissements étrangers en France. Comme beaucoup de choses, ceci est la faute de François Hollande, a martelé François Baroin avant de dresser un portrait pas franchement sympathique de la France, sauf si on s'appelle Kim Jong-un.

Il a dit :

 

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L'économie de notre pays repose sur deux piliers. Le premier, c'est la consommation, le deuxième c'est l'investissement. L'investissement privé, il y en a malheureusement très peu. L'investissement étranger s'est largement ralenti. On a fui notre territoire, notamment depuis l'élection de François Hollande qui a adressé des messages absolument hallucinants, donnant l'impression que seules la Corée du Nord et la France étaient les derniers pays marxistes de notre situation internationale.  

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Une sortie qui a provoqué les applaudissements de certains participants à cette réunion.

On le sait pourtant : comparaison n'est pas raison. Et pourtant François Baroin, comme pas mal de ses copains, aime bien faire des analogies pas franchement pertinentes.

Deux choses sont à souligner :

1. "L'investissement étranger s'est largement ralenti."

Ce fut vrai en 2013, l'investissement étranger chutant à 7,4 milliards d'euros cette année-là contre 18,6 milliards en 2012, 19,8 milliards en 2011, selon les chiffres du ministère de l'Économie.

 


En revanche, depuis 2014, l'investissement étranger en France repart à la hausse. Et pas qu'un peu. "En 2015, les entrées d'IDE en France progressent très fortement, à 40 Md€ (après 11 Md€ en 2014), atteignant leur niveau le plus élevé depuis 2008", détaille ainsi Bercy.

2. "Seules la Corée du Nord et la France étaient les deniers pays marxistes de notre situation internationale."

François Baroin a carrément changé d'avis à propos de François Hollande. Comme l'a souligné le journaliste du Monde Samuel Laurent, le maire LR de Troyes avait une vision un peu différente du chef de l'État il y a à peine deux ans. En janvier 2014, sur Europe 1, l'élu avait salué le virage social-démocrate du président. "Si cette prise de conscience est solide et sérieuse, objectivement, on ne peut qu'accompagner cette démarche, avait-il déclaré. Il faut rappeler qu'il a fait perdre deux ans au pays, que cette politique est à rebours complet de ce qui est mené depuis 18 mois."

Il y a deux ans, François Hollande était social-démocrate. Aujourd'hui il est marxiste. Cela pourrait cependant vouloir dire que dans un incroyable esprit de synthèse typiquement hollandais, l'actuel chef de l'État est social-libéral-marxiste. Ce qui n'est pas courant.

Cette comparaison pas-du-tout-exagérée est cependant à replacer dans son contexte : François Baroin a officiellement rejoint Nicolas Sarkozy pour la primaire de la droite.

Et puis, après tout, François Hollande n'est pas loin de penser la même chose. En avril, il avait estimé que son gouvernement était le plus à gauche du monde, mis à part celui de Nicolás Maduro au Venezuela…

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