Pour Jean-Christophe Lagarde, "le droit d'asile, c'est fait pour Aylan, pas pour Leonarda"

Publié à 10h23, le 24 septembre 2016 , Modifié à 10h32, le 24 septembre 2016

Pour Jean-Christophe Lagarde, "le droit d'asile, c'est fait pour Aylan, pas pour Leonarda"
Jean-Christophe Lagarde © PATRICK KOVARIK / AFP

Laurent Wauquiez est en panique totale : le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes / président par intérim de Les Républicains / député de Haute-Loire a lancé une pétition pour s'opposer au plan de Bernard Cazeneuve visant à répartir temporairement les migrants de la "jungle" de Calais sur le territoire français. Une initiative qui lui vaut de nombreuses critiques, y compris venues de son propre camp. "Des militants sont venus me voir ce week-end en me disant : 'On ne comprend pas bien, c'est quoi la différence entre la pétition de M. Wauquiez et l'association lancée par M. Briois [vice-président du FN, NDLR] ?'. Eh bien j'étais mal à l'aise, parce que je n'ai pas su bien leur répondre", a ainsi expliqué Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France.

De son côté, Jean-Christophe Lagarde n'est pas non plus très fan de l'initiative prise par Laurent Wauquiez. Invité de FranceInfo: ce samedi 24 septembre, le président de l'UDI explique son ras-le-bol de voir le débat présidentiel "obstrué" par cette question des réfugiés. Le maire de Drancy en profite pour défendre la notion de droit d'asile en France, estimant que cela passe, aussi, par une reconduite à la frontière des personnes non-éligibles à ce statut. Il ajoute :

 

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Le droit d'asile, c'est toute l'histoire de la France. Qui peut aujourd'hui accepter de renvoyer sous le couteau des barbares de Daesh des gens qui fuient l'Irak et la Syrie ? Monsieur Wauquiez assume ça ? Moi je pense que la France ne peut pas assumer ça.

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Au-delà de ce sentiment, Jean-Christophe Lagarde décide de faire parler les chiffres. "Il y a 10.000 personnes à Calais, il y a 36.000 communes dans notre pays. Dans la région de monsieur Wauquiez, on veut faire accueillir, temporairement, 1.700 personnes, sur 8 millions d'habitants. C'est une personne pour 4.500 habitants. Est-ce qu'on pense que c'est une invasion ?" s'interroge-t-il avant d'évoquer le cas d'Aylan, petit garçon syrien retrouvé mort sur une plage turque, durant l'été 2015, et dont la photo avait créé un vif émoi. Jean-Christophe Lagarde dit :

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Tout le monde voulait que ça s'arrête et qu'on ne voie plus ça. Et aujourd'hui, Aylan, on ne veut pas le voir près de nos villages ? On préfère le voir mort sur une plage ? Je vais vous dire : le droit d'asile, c'est fait pour Aylan, ce n'est pas fait pour Leonarda. Et il faut être donc capable de trier entre des gens qui sont menacés de mort et que nous devons accueillir, même temporairement, et ceux qui voudraient, effectivement, profiter de la situation. Ça, c'est le boulot du gouvernement et ces centres qui vont être répartis en France, ils sont là justement pour trier les vrais demandeurs d'asile des faux.

 

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Jean-Christophe Lagarde prend donc comme contre-exemple d'Aylan Leonarda Dibrani, cette jeune fille d'origine kosovarde, expulsée de France avec sa famille en octobre 2013. Cette expulsion avait déclenché une vive polémique en France. François Hollande himself avait proposé à l'adolescente de revenir étudier en France mais sans sa famille – ce qu'elle avait refusé.

Mardi 13 septembre, Le Figaro a dévoilé plan gouvernemental visant à répartir sur le territoire français les migrants entassés dans la "jungle" de Calais. Le ministère de l'Intérieur a envoyé ses consignes aux préfets pour vider Calais et faire émerger "d'ici la fin de l'année 2016" plus de 12.000 places dans les centres d'accueil et d'orientation partout en France, rapporte le quotidien. Depuis, Laurent Wauquiez, comme d'autres élus LR, dénonce la création de "mini-Calais" sur le territoire français

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