Pour justifier sa sortie sur l’UMPS, Vincent Peillon évoque les "chambres à gaz" et l'importance des "faits"

Publié à 10h59, le 10 mars 2017 , Modifié à 10h59, le 10 mars 2017

Pour justifier sa sortie sur l’UMPS, Vincent Peillon évoque les "chambres à gaz" et l'importance des "faits"
© Montage Le Lab via captures d'écran Franceinfo:

LE POINT GODWIN DU VENDREDI – Depuis quelques jours, Vincent Peillon est de nouveau sur le devant de la scène, plus que jamais engagé auprès de Benoît Hamon, son ex-concurrent à la primaire de la Belle Alliance Populaire : plateaux télé, présence dans le public lors de L’Émission politique de France 2 jeudi 9 mars.

Au lendemain du passage de son champion sur la chaîne publique, le professeur de philosophie, invité de Franceinfo:, est interrogé sur sa sortie sur "l’UMPS" qu’incarnerait Emmanuel Macron. Cette déclaration donne-t-elle raison à Marine Le Pen, théoricienne du concept ? Vincent Peillon hésite, avant de se lancer dans une comparaison inattendue avec les "chambres à gaz" en vue de démontrer l’importance des "faits" :

 

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- Vincent Peillon : Non, oui, enfin, il semblerait qu’il y ait des gens de l’UMP [sic] et du PS qui se mettent ensemble. Vous savez, il y a quelque chose, heureusement, de têtu dans l’histoire – c’est comme ça qu’on sait qu’il y a eu des chambres à gaz et qu’on peut pas le nier [allusion à la fameuse citation de Lénine 'Les faits sont têtus', ndlr]. Il y a aujourd’hui des gens de l’UMP – [Jean-Paul] Delevoye [ex-ministre chiraquien, ndlr] –, il y a aujourd’hui des gens du PS.



- Journaliste : Le rapport avec les chambres à gaz ?



- Vincent Peillon : C’est pour une raison simple : je suis sur les faits. Vous me dites : 'Vous êtes dans l’interprétation'. Moi, je suis sur : 'Les faits s’obstinent, les faits s’engagent'. On n’est pas dans l’interprétation. Faut nuancer.

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Vincent Peillon choisit donc de "nuancer" tout ceci dans un propos *pas vraiment* nuancé lui-même. À travers cette déclaration, Vincent Peillon veut prouver que "nier" l’existence de l’UMPS serait quasiment une sorte de négationnisme.

L’ancien ministre de l’Éducation nationale n’en est pas à son premier point Godwin. Lors de L’Entretien politique, en pleine campagne de la primaire, l’eurodéputé avait dénoncé le "fascisme rampant" de Marine Le Pen. "Certains veulent utiliser la laïcité - ça déjà été fait dans le passé - contre certaines catégories de population, avait-il lancé. C’était il y a 40 ans [plutôt plus de 70, ndlr] les juifs à qui on mettait des étoiles jaunes, c’est aujourd’hui un certain nombre de nos compatriotes musulmans qu’on amalgame souvent avec les islamistes radicaux".

Face à la polémique, Vincent Peillon s’était trouvé dans l’obligation de rectifier le tir – avec des arguments quelque peu bancals. Pas sûr que cette nouvelle sortie bénéficie au candidat Hamon qu’il soutient désormais.

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