Pour le chef des jeunes avec Wauquiez, les enfants nés de GPA "ne devraient même pas exister"

Publié à 10h27, le 12 décembre 2017 , Modifié à 12h26, le 12 décembre 2017

Pour le chef des jeunes avec Wauquiez, les enfants nés de GPA "ne devraient même pas exister"
Laurent Wauquiez et Aurane Reihanian © PHILIPPE DESMAZES / AFP

Où l'on reparle d'Aurane Reihanian. Le chef des jeunes avec Wauquiez y voit désormais un peu plus clair concernant son propre avenir politique depuis l'élection, dimanche 10 décembre, de son champion à la présidence de Les Républicains. Le jeune homme de 24 ans se verrait bien, pour sa part, prendre la tête des Jeunes LR tout court, mouvement dont on parle plus pour ses difficultés que pour ses actions depuis le départ mouvementé et commenté de Stéphane Tiki.

C'est donc cette place qu'ambitionnerait de prendre Aurane Reihanian. Voilà qui inquiète certains autres jeunes LR. Pourquoi ? Parce que l'assistant parlementaire de la députée LR de Haute-Loire Isabelle Valentin, également conseiller technique au cabinet de Laurent Wauquiez à la région Auvergne-Rhône-Alpes, est un personnage plutôt clivant qui n'hésite pas à régulièrement franchir la ligne rouge. Début décembre, dans un portrait que lui consacrait Mediapart, il n'hésitait pas à faire un parallèle entre religion, immigration et insécurité. "La première génération de musulmans, ils ont bossé. Ils ne brûlaient pas des voitures comme leurs enfants", avait-il déclaré.

Nouveau portrait et nouvelle sortie polémique ce mardi 12 décembre. Libération dresse les contours du parcours d'Aurane Reihanian. On lui découvre une nouvelle ambition : devenir député européen en 2019.  Mais cela ne change en rien son idéologie. Pas de sécurité ou d'islam ici mais de famille. Cité par Libération, il dit :

[Les enfants nés de PMA] ne devraient même pas exister.

 

Contacté par le LabAurane Reihanian assure qu'il parle des enfants nés de gestation pour autrui (GPA), pas de procréation médicale assistée (PMA). "La GPA est interdite en France", ajoute-t-il. De fait, sa pensée serait donc la suivante : 

[Les enfants nés de GPA] ne devraient même pas exister.

Mais auprès du Lab, Maïté Darnault, la journaliste de Libération qui a rédigé le portrait d'Aurane Reihanian, maintient que c'est bien des enfants nés de PMA dont parle le chef de jeunes avec Wauquiez, non ceux nés de GPA. Maïté Darnault précise avoir rencontré Aurane Reihanian à deux reprises, "le 20 novembre, de 13h30 à 15h, et le 30 novembre de 12h30 à 13h30, puis de nouveau de 14h à 14h30". Elle retranscrit pour le Lab l'échange qu'elle a eu avec lui. En voici une partie : 

- Libération : Partagez-vous la conception de la famille qu'a Sens commun? Que pensez-vous de la PMA pour les gays ? Plusieurs générations d'enfants en sont déjà nés, il devient urgent d'avoir un cadre législatif.



- Aurane Reihanian : En toute logique, ces enfants là ne devraient même pas exister. Je suis contre la PMA et contre la GPA, je suis contre les deux, car l'un va entraîner l'autre. Quand on officialise politiquement, on va dans un sens, on véhicule une certaine image de la société.



- Libération : Vous vous rendez compte de ce que vous venez de dire sur ces enfants ? C'est hyper violent de dire ça, c'est presque de l'eugénisme...



- Aurane Reihanian : Ben, en toute logique, c'est vrai...J'assume qu'il y ait des parti-pris idéologiques dans mon discours.

 

Comme Laurent Wauquiez, Aurane Reihanian est également opposé à l'ouverture de la PMA aux couples de femmes. "Ma préoccupation c'est que l'on ne s'engage pas dans la GPA et dans la marchandisation du corps de la femme. Ma préoccupation, c'est que l'on aille pas dans la voie de la PMA pour des personnes de même sexe", avait déclaré le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes sur RTL. Un argumentaire repris mot pour mot par Aurane Reihanian. Je suis contre la PMA pour les couples de même sexe et contre la GPA car cela ouvrira la voie à la marchandisation du corps de la femme", argue-t-il comme un écho. 

 

[EDIT 12h18] Ajout déclaration de la journaliste de Libération Maïté Darnault auprès du Lab.

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