Pour le député PS Carlos Da Silva, proche de Manuel Valls, le phénomène Emmanuel Macron "ne repose sur rien"

Publié à 11h24, le 22 octobre 2015 , Modifié à 11h24, le 22 octobre 2015

Pour le député PS Carlos Da Silva, proche de Manuel Valls, le phénomène Emmanuel Macron "ne repose sur rien"
Emmanuel Macron © ALAIN JOCARD / AFP

Officiellement, ils s'entendent, évidemment. Comment pourrait-il en être autrement alors que Manuel Valls et Emmanuel Macron sont tous les deux jeunes, tous les deux provocateurs et tous les deux ambitieux ? De manière totalement incompréhensible, comme si l'un craignait que l'autre ne marche sur ses plates-bandes et réciproquement, le Premier ministre et son ministre de l'Économie se livrent une véritable lutte. Secrète, bien sûr.

Par exemple, quand le chef du gouvernement veut critiquer le patron de Bercy, il ne le fait pas lui-même mais par l'intermédiaire de l'un de ses proches, comme le député de l'Essonne Carlos Da Silva.

Cité par L'Obs (article payant) du jeudi 22 octobre, le suppléant de Manuel Valls à l'Assemblée éreinte Emmanuel Macron. Interrogé sur la supposée rivalité entre les deux hommes, Carlos Da Silva répond :

En quoi y a-t-il concurrence ? C'est n'importe quoi ! Macron, il est là depuis à peine un an. C'est un type talentueux et sympathique, mais il n'a jamais été élu et fait des fautes politiques lourdes. Je n'ai pas envie de dire que c'est du vent, mais ça ne repose quand même sur rien !

 

Ha, cette fameuse idée selon laquelle Emmanuel Macron n'a jamais été élu et ne doit son succès politique qu'au "fait du Prince", comme aime à la rappeler Jean-Luc Mélenchon à l'occasion. Manuel Valls, aussi, ne se prive pas pour rappeler qu'il manque quelques lignes au CV de son ministre. Il ne se retient pas non plus lorsque l'ancien banquier d'affaires manifeste son peu d'envie d'être un jour député. "L'expérience d'élu de terrain est irremplaçable", a lâché le Premier ministre fin septembre.

L'intéressé lui-même sait ce qu'il "doit" à Manuel Valls. Et il loue cette expérience politique que lui n'a pas pour mieux souligner leurs différences. "Nous sommes complémentaires. Il a une expérience politique qui n'est pas la mienne, un rapport à la politique différent. Il a construit son identité politique sur des sujets régaliens. Il a participé à la primaire de 2012. Moi je ne suis pas élu. J'ai une légitimité par truchement qui m'a été indirectement délivrée par le président de la République", raconte Emmanuel Macron dans L'Obs.

Un aveu sincère qui n'empêche pas le ministre de l'Économie de torpiller, à nouveau, l'ancienne manière de faire de la politique :

 

La seule question qui vaille, ce n'est pas de savoir si je veux participer à la recomposition de la gauche, devenir maire, Premier ministre ou pape, mais : est-ce que j'ai envie d'être député en 2017 ? Trop de gens se font élire non pas dans l'optique d'exercer réellement la fonction de député, mais pour l'utiliser comme faire-valoir ou accéder à d'autres responsabilités. Je ne me m'inscrirai pas dans une démarche qui n'est pas pleinement sincère

 

 

 

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