Pour le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, la France est "un pays ami" de la Corse

Publié à 08h25, le 18 janvier 2016 , Modifié à 09h59, le 18 janvier 2016

Pour le président de l'Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, la France est "un pays ami" de la Corse
Jean-Guy Talamoni © AFP

Sachez-le : la Corse n'est pas une région de la France mais bien un pays indépendant extérieur à l'Hexagone. C'est en tout cas l'avis du nationaliste Jean-Guy Talamoni, actuel président de l'Assemblée de Corse. Selon lui, l'île de Beauté est donc une nation, comme la France, et les deux entités entretiennent d'ailleurs des relations assez cordiales.

Sans trembler, Jean-Guy Talamoni explique en effet ce lundi 18 janvier sur France Info que la France est "un pays ami" de la Corse. Le nationaliste prononce cette formule alors qu'il parle des langues régionales et de la position du continent sur ce sujet. De fait, le gouvernement est hostile à la co-officiliatié de la langue corse avec le français. Car oui, la langue de la République est le français même si Jean-Guy Talamoni et son collègue Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, ont tendance à l'oublier lorsqu'ils s'expriment en corse à l'Assemblée.

Interrogé sur le sujet, Jean-Guy Talamoni échange avec le journaliste de France Info Jean-François Achilli :

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-          Jean-Guy Talamoni : La France a une position – elle est un petit peu isolée sur ce type de positions en Europe…



-          Jean-François Achilli : Vous dites 'la France', hein Jean-Guy Talamoni.



-          Jean-Guy Talamoni : Pardon ?



-          Jean-François Achilli : Vous dites 'la France'.



-          Jean-Guy Talamoni : La France, oui je dis 'la France', la France qui est un pays ami…



-          Fabienne Sintes : Un 'pays ami' ??



-          Guy Birenbaum : Un 'pays ami' ??



-          Jean-François Achilli : Ça fait réagir Guy Birenbaum et Fabienne Sintes en même temps.



-          Jean-Guy Talamoni : Écoutez, je suis indépendantiste donc personne n'est surpris que je tienne de tels propos et ce ne sont pas du tout des propos provocateurs ou agressifs à l'égard de qui que ce soit.

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Un instant découpé par le Lab à réécouter ci-dessous : 

Ce n'est pas la première fois que Jean-Guy Talamoni parle ainsi de la France. En décembre, juste après les régionalises, il était intervenu sur Europe 1. "Je parle sur une radio d'un peuple ami", expliquait-il. 

Mais considérer que la France est "un pays ami" de la Corse et donc que les deux entités sont séparées l'une de l'autre est toujours étonnant dans une République réputée "une et indivisible". Mais Jean-Guy Talamoni se veut rassurant. Il ajoute :

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Notre démarche n'est pas une démarche anti-française. Pas du tout. C'est une démarche pour être nous-mêmes, ce que nous n'avons jamais cessé d'être, c'est-à-dire une nation.

 

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Mais alors qu'il parle des "prisonniers politiques" corses, que le gouvernement refuse d'amnistier, Jean-Guy Talamoni use d'un autre formule tout aussi clivante, ou en tout cas non conforme à l'esprit républicain censé régner en France. Il lance : 

 

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La France qui donne des leçons de droits de l'Homme dans le monde entier - et c'est vrai qu'elle a œuvré pour les droits de l'Homme à une certaine époque. Mais aujourd'hui, quel est ce comportement vis-à-vis d'un peuple, d'un petit peuple comme le peuple corse qui est placé sous sa tutelle depuis le XVIIIe siècle ?

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Et Jean-Guy Talamoni d'expliquer que les élections régionales prouvent qu'une majorité de Corses pensent comme lui puisque ce sont les listes nationalistes qui l'ont emporté en décembre dernier. Mais bon, tout de même, le président de l'Assemblée de Corse veut instaurer des "relations apaisées entre la Corse et Paris".

C'est déjà ça. 

 

[EDIT 8h40]

Interrogé sur cette position de Jean-Guy Talamoni, Jean-Christophe Cambadélis fait mine d'être habitué. Sur iTÉLÉ, le premier secrétaire du PS rappelle qu'il s'agit là de "la position classique des nationalistes". Cependant, le chef des socialistes tient à préciser que Jean-Guy Talamoni "n'est pas majoritaire" car les nationalsites n'ont remporté les régionales qu'avec 35% des voix.

Jean-Christophe Cambadélis dit : 

 

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Il ne faut pas travestir le vote des Corses. Il ne faut pas kidnapper les Corses. Il y en a qui sont nationalistes mais enfin l'immense majorité ne l'est pas.

"

 

 

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