Pour Macron, la crise avec le chef d'état-major des armées était "une tempête dans un verre d'eau"

Publié à 06h57, le 31 août 2017 , Modifié à 07h34, le 31 août 2017

Pour Macron, la crise avec le chef d'état-major des armées était "une tempête dans un verre d'eau"
Emmanuel Macron et Pierre de Villiers sur la Champs-Élysées pour le défilé du 14-juillet © Ludovic MARIN / AFP

L'été pourri de l'exécutif a commencé avec une violente polémique de plusieurs jours opposant Emmanuel Macron au chef d'état-major des armées Pierre de Villiers, sur fond de choix budgétaires pour la Défense. Le tout conduisant à la démission du responsable militaire et son remplacement par un autre, qui a dû comprendre qu'il n'avait pas intérêt à s'aventurer sur le même terrain que son prédécesseur. Une crise inédite : c’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un militaire à ce poste claque la porte pour marquer son opposition aux décisions du chef de l’Etat (et des armées). Mais Emmanuel Macron, lui, trouve qu'on a surtout fait beaucoup de bruit pour rien autour de tout cela.

Dans une looooongue interview au Point, jeudi 31 août, le Président revient sur cet épisode qu'il "assume" totalement", disant n'avoir "pas de regret" à ce sujet. Et de minimiser :

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Il y a eu une tempête dans un verre d'eau car les gens ont perdu le sens de ce qu'est la Ve République et de son fonctionnement.

 

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"Si je n'avais réagi comme je l'ai fait, les mêmes auraient dit que j'étais un chef des armées faibles", se défend-il encore, ajoutant pour que tout le monde comprenne bien :

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Les armées ne font pas ce qu'elles veulent, elles ne sont pas autopilotées.

 

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Un message qui reste dans la ligne de celui du gouvernement depuis la démission de Pierre de Villiers. Jean-Yves Le Drian (ancien ministre de la Défense hautement respecté et aujourd'hui ministre des Affaires étrangères) avait ainsi euphémisé la chose, fin juillet : "Je ne crois pas qu’il y aura de blessure durable, il y a un moment de crispation."

Le 19 juillet, après avoir "rendu hommage" à Pierre de Villiers, il avait mis en garde son successeur au poste de chef d'état-major, François Lecointre :

 

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Il aura non pas un budget à défendre, parce que ce n'est pas le rôle du chef d'état-major, c'est le rôle de la ministre des Armées. Il aura des troupes à conduire, des opérations à mener, une stratégie, des capacités à défendre et à proposer au chef des armées qui est le président de la République. C'est comme ça que la République fonctionne bien. Voilà.

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[BONUS TRACK]

Revenant sur cette polémique autour du budget de la Défense, le chef de l'État se paye Le Figaro au passage, étrillant son propriétaire Serge Dassault (patriarche du groupe éponyme spécialisé dans l'armement) et accusant son journal d'avoir alimenté la polémique pour défendre ses intérêts industriels :

 

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J’ai été surpris que personne ne relève que des journaux financés par les contrats de défense ont mené une campagne de plusieurs semaines pour protéger ces derniers. La consanguinité entre une partie des industriels du secteur et la presse pose question.

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