Pour Manuel Valls, "Jérusalem est la capitale d’Israël", "de fait"

Publié à 10h08, le 23 janvier 2018 , Modifié à 10h08, le 23 janvier 2018

Pour Manuel Valls, "Jérusalem est la capitale d’Israël", "de fait"
Manuel Valls. © Capture d'écran BFMTV.

Manuel Valls parle-t-il comme Donald Trump et son vice-président Mike Pence, qui ont reconnu unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël et décidé d’y installer leur ambassade avant fin 2019 ?

La réponse est bien plus nuancée. Ce mardi 23 janvier, sur BFMTV, l’ancien Premier ministre de François Hollande a lancé cette phrase qui peut prêter à confusion :

Tout le monde sait que Jérusalem est la capitale d’Israël et personne ne va le remettre en cause.

Une ligne qui semble aller à l’encontre de la position diplomatique de la France, qui est aussi celle de l’ONU, de voir en Jérusalem la capitale des deux Etats, israélien et palestinien. Quelques secondes plus tôt, Manuel Valls était bien sur cette position diplomatique française :

Sans les Etats-Unis, c’est difficile d’avancer même si l’Union européenne a son rôle et notamment sur le plan financier puisque l’Union européenne soutient l’Autorité palestinienne. Je suis partisan d’un Etat palestinien et deux Etats, l’Etat d’Israël et l’Etat palestinien, vivant côte à côte. Le reconnaître de manière unilatérale n’aboutirait à rien. 

Interrogé par le Lab, Manuel Valls se défend d’être sur la position américaine mais souligne tout de même que, dans les faits, Jérusalem est la capitale d’Israël :

Il ne faut pas confondre l’idée défendue par la communauté internationale, dans le cadre d’un accord de Paix, de Jérusalem capitale des deux Etats, avec la réalité d’aujourd’hui. De fait, Jérusalem est la capitale d’Israël avec l’ensemble des institutions de ce pays. L’Autorité palestinienne est à Ramallah.

Quand il était Premier ministre, Manuel Valls expliquait que le processus de paix devrait faire référence à "la solution des deux Etats, à l’arrêt de la colonisation, au statut de Jérusalem et à la question des réfugiés".

Le député apparenté LREM était interrogé après que Mahmoud Abbas a exhorté les Européens à reconnaître la Palestine. Mais Manuel Valls "ne croit pas" que l’UE doive y répondre favorablement même si certains pays, comme la Slovénie, se sont dits prêts à reconnaître l’Etat de Palestine. "Je ne crois pas à des décisions unilatérales qui ne passent pas par une discussion directe entre la Palestine et les Israéliens", conclut-t-il.

Du rab sur le Lab

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