Pour Michel Sapin, sa main "au bas du dos" d'une journaliste était "une maladresse", pas du harcèlement et "il ne faut pas tout confondre"

Publié à 09h42, le 24 octobre 2017 , Modifié à 09h46, le 24 octobre 2017

Pour Michel Sapin, sa main "au bas du dos" d'une journaliste était "une maladresse", pas du harcèlement et "il ne faut pas tout confondre"
Michel Sapin © AFP

La parole se libère depuis le début de l'affaire Weinstein et chaque jour voit son lot de révélations concernant des faits d'harcèlement ou de viol subis par les femmes.

La parole se libère et c'est tant mieux. Même Michel Sapin le dit, ce mardi 24 octobre sur RTL.

L'ancien ministre des Finances a lui-même été accusé d'un fait de harcèlement. Dans leur livre L'Élysée Off (éd. Fayard), les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri avaient rapporté cette scène hallucinante au cours de laquelle en 2015, le ministre Michel Sapin avait fait "claquer l'élastique de la culotte de la reporter en pantalon taille basse", qui venait de se pencher pour ramasser un stylo. Selon le collectif Bas les pattes, il ne s’agissait "ni d’une culotte qu’on fait claquer ni d’une main aux fesses". Michel Sapin aurait en réalité "touché le bas du dos" de la journaliste, expliquait-on à Metronews en avril 2016…

Le sujet revient sur le devant de la scène. D'autres élus, comme le député LREM Christophe Arend, sont, aujourd'hui, accusés de harcèlement sexuel. Rien à voir, assure Michel Sapin :

Je crois qu'il ne faut pas tout confondre, y compris pour le combat des femmes qui est nécessaire et qui est utile. Il ne faut pas confondre une maladresse avec une agression sexuelle. Il ne faut pas confondre un crime comme le viol avec autre chose. La maladresse, elle peut arriver à tout le monde. On s'en explique et on s'excuse. Mais il ne faut pas tout confondre sinon je pense qu'on porte atteinte à ce combat pour le droit des femmes qui est absolument indispensable.

 

Une maladresse, "on s'en explique et on s'en excuse", résume ainsi Michel Sapin. Soit. En l'espèce, le ministre des Finances avait tout de même pris son temps.

Après avoir longtemps démenti, faisant dire à ses proches qu'il s'agissait d'une "blague potache", Michel Sapin s'était expliqué, plusieurs semaines après la parution de L'Élysée off et en pleine affaire Beaupin. Il avait alors reconnu avoir eu des gestes "inappropriés". "J'ai fait à une journaliste une remarque sur sa tenue vestimentaire en posant ma main sur son dos. Il n'y avait dans mon attitude aucune volonté agressive ou sexiste, mais le seul fait d'avoir choqué la personne en question démontre que ces paroles et ce geste étaient inappropriés, et j'en ai été et en suis encore désolé", avait-il écrit dans un communiqué adressé à l'AFP, en mai 2015.

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