Pour Stéphane Le Foll, les nombreux départs de conseillers ministériels ou élyséens n'ont rien d'"exceptionnel"

Publié à 13h10, le 28 septembre 2016 , Modifié à 13h15, le 28 septembre 2016

Pour Stéphane Le Foll, les nombreux départs de conseillers ministériels ou élyséens n'ont rien d'"exceptionnel"
Stéphane Le Foll, estimant normal de voir 10% des effectifs de l'exécutif s'en aller sept mois avant la présidentielle © Capture d'écran via Élysée

JUSQU'ICI, TOUT VA BIEN - C'est une véritable hémorragie, qui laisse entrevoir à quel point la probable défaite en 2017 préoccupe les esprits à gauche et dans les rouages du pouvoir. Entre le 1er juin et le 15 septembre, "57 membres de cabinets ministériels et à la présidence de la République ont cessé leurs fonctions, soit un peu plus de 10 % des effectifs", rapportait Le Monde le 19 septembre. Un chiffre qui a doublé par rapport à la même période en 2011, d'après les calculs du quotidien. Mais Stéphane Le Foll, lui, ne voit rien d'"exceptionnel" à cela.

Lors de son point presse hebdomadaire consécutif au Conseil des ministres, mercredi 28 septembre, le porte-parole du gouvernement a été interrogé sur cette fuite en avant dans les équipes de l'exécutif. "On arrive en fin de quinquennat et donc y'a des renouvellements qui se font", a d'abord répondu ce très proche de François Hollande. Et d'apporter cette justification à ces départs :

Là on est en fin de quinquennat, il y a un certain nombre de personnes qui souhaitent partir, qui souhaitent souffler, qui souhaitent poursuivre leur carrière de manière différente.



Je ne vois pas ce qu'il y a de si grave ou de si exceptionnel à cela.

On assisterait donc à une fin de quinquennat "normale", comme on dit. Les chiffres en question sont pourtant nettement supérieurs à ce qui se pratiquait jusqu'ici au crépuscule des mandats présidentiels précédents, que ce soit en 2011, 2006 ou 2001.

Parmi ces partants cuvée 2012, pas moins de huit directeurs de cabinet ont ainsi mis fin à leurs attributions, ainsi que deux directeurs adjoints, un chef de cabinet et trois chefs de cabinet adjoints. D'autres départs sont en outre venus s'y ajouter : celui du directeur de cabinet de Najat Vallaud-Belkacem le 22 septembre, par exemple. Il y a donc bien quelque chose "d'exceptionnel" cette année...

Mais si Stéphane Le Foll ne semble pas particulièrement troublé par le phénomène, il prend tout de même le soin de signifier tout son mécontentement à l'égard de ceux qui "anticipent une défaite" de François Hollande en 2012 :

Il y en a beaucoup qui anticipent... Je vais vous dire une chose : j'en connais beaucoup qui avaient anticipé beaucoup de choses qui ne se sont jamais avérées vraies ou jamais réalisées.



Certains anticipent une défaite, mais ceux qui vont trop vite, qui veulent vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, peuvent souvent se tromper.

Lui n'est clairement pas concerné, puisqu'il travaille ardemment à la préparation de la campagne du chef de l'État - qui n'est pas officiellement candidat mais pas loin. Et vous pouvez compter sur lui pour rester à son poste jusqu'au bout.

[BONUS TRACK] La morale, c'est nous

Le porte-parole du gouvernement a également été questionné sur le fait de savoir s'il était bien correct de voir certains de ces conseillers et autres directeurs de cabinet se reconvertir dans le privé. Stéphane Le Foll a rétorqué que ce qui avait été mis en place depuis le début du quinquennat dans la mécanique du pouvoir montrait bien que "la morale" en la matière se trouve du côté de l'exécutif :

Dans le domaine de la morale, que ce soit sur le salaire des ministres, du président de la République [qui ont été diminués, ndlr], les déclarations de patrimoine qui sont maintenant publiques, la morale elle est là, la République exemplaire elle est là.



[...] Chacun a aussi son éthique personnelle, je ne vais pas porter de jugement.

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