Pourquoi Christiane Taubira n’a pas démissionné le 23 décembre, jour de l’annonce du maintien de la déchéance de nationalité

Publié à 09h04, le 02 février 2016 , Modifié à 09h05, le 02 février 2016

Pourquoi Christiane Taubira n’a pas démissionné le 23 décembre, jour de l’annonce du maintien de la déchéance de nationalité
© AFP

Tout, ou presque, s’est joué pour elle le 23 décembre. Au lendemain de sa sortie publique et télévisée dans un média algérien expliquant que le gouvernement allait abandonner la décriée extension de la déchéance de nationalité, le conseil des ministres, François Hollande et Manuel Valls en tête, valide pourtant cette mesure dans le projet de réforme constitutionnelle présenté. Un camouflet autant qu’un "désaccord politique majeur" pour la ministre de la Justice, pourtant sensée porter le texte devant le Parlement.

Mais là, Christiane Taubira, malgré son opposition explicite et connue au texte, ne démissionne pas. Son départ de la place Vendôme ne surviendra que le 27 janvier. Soit plus d’un mois après avoir avalé une ultime couleuvre grosse comme un éléphant.

Au Monde de ce mardi 2 février, au "jour d’après" de la sortie de son livre-réquisitoire contre la déchéance de nationalité, l’ex-garde des Sceaux revient sur ce départ différé. Et l’explique. Elle dit :

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Parce que j’estime qu’on ne part pas dans le vacarme. Je ne voulais pas que le tumulte des événements brouille la lecture de mon départ, notamment qu’on le lie aux pressions de la droite.

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Et d‘ajouter avec humour, elle qui a été le meilleur ennemi de la droite depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée en 2012, notamment pour avoir porté le mariage pour tous : 

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La droite, depuis le 17 mai 2012, demande mon départ. D’ailleurs, si elle ne fait pas attention, elle va continuer à demander ma démission…

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Lolilol. Enfin bref. Elle consent qu’après cette douche-froide pré-Noël, elle a encore espéré une inflexion du texte. "Je pense qu’il y a eu une courte fenêtre pendant laquelle il était possible de prendre de la distance par rapport à ce que le président de la République a dit au Congrès. C’est ainsi que j’ai entendu et compris ses vœux du 31 décembre", affirme encore Christiane Taubira au quotidien du soir. Mais elle a vite déchanté :

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J’ai cependant compris très vite que, sur l’essentiel, il n’y aurait pas de retour en arrière et que, puisque l’on touchait là au cœur même de l’idée républicaine du droit de la nationalité, ma place n’était plus au gouvernement.

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En revanche, si elle a eu une période de latence avant de poser sa dem’ du gouvernement Valls, Christiane Taubira assure avoir pris sa décision avant la sortie de son pamphlet anti-déchéance, malgré le fait que soit imprimé en quatrième de couverture qu’elle est "ministre de la Justice". Elle l’explique :

 

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Ma décision formelle de partir est très antérieure à la publication du livre, même si je ne vous dirai pas la date précise. Mais, dans mon rapport de loyauté totale à l’égard du président de la République, j’ai choisi de tenir mon éditeur dans l’ignorance en ne le prévenant pas que je ne serais plus garde des sceaux au moment de la parution du livre.

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