Présidentielle : finalement, François Bayrou propose une alliance avec Emmanuel Macron

Publié à 16h42, le 22 février 2017 , Modifié à 22h29, le 22 février 2017

Présidentielle : finalement, François Bayrou propose une alliance avec Emmanuel Macron
François Bayrou. © Capture d'écran images BFMTV

C’est la fin d’un interminable suspens. François Bayrou a annoncé qu'il proposait une "offre d'alliance" avec Emmanuel Macron pour la présidentielle, ce mercredi 22 février depuis le siège de son parti, le MoDem. Le maire centriste de Pau renonce donc à une quatrième candidature après 2002, 2007 et 2012. Il a déclaré :

 

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L’heure exige que nous dépassions nos intérêts personnels et partisans. (...) Parce que le risque est immense et parce que les Français sont désorientés et souvent désespérés, j'ai décidé de faire à Emmanuel Macron une offre d'alliance. Je lui dis : 'le danger est trop grand, il faut changer les choses et le faire d'urgence. Unissons nos forces pour y parvenir' (...) C'est sans doute un geste d'abnégation mais ce sera aussi je le crois un geste d'espoir pour notre pays. 

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François Bayrou a indiqué qu'il "rencontrera dans les heures qui viennent" Emmanuel Macron, après l'avoir déjà vu la semaine dernière. Il a toutefois assuré qu'il ne se "rallie" pas au candidat à la présidentielle d'En Marche! :

 

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Je sais ce qu'il coûte à beaucoup de mes amis et de mes proches et cependant le moment est de choisir une voie plus généreuse et plus ouverte. Je n’exprime pas de regret mais une résolution. (...) Il est important qu’il y ait une alliance et non pas un ralliement. (...) Je n’ai jamais été un partisan d’un ticket. Je pense qu’il peut y avoir des ententes enrichissantes. 

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Le maire de Pau a toutefois émis plusieurs conditions à cette "offre d'alliance" adressée au leader du mouvement En Marche! Parmi "ces exigences", "une véritable alternance, un vrai changement des pratiques et des orientations, non pas un recyclage des pratiques antérieures". Le président du MoDem veut aussi que le programme d'Emmanuel Macron "comporte en priorité une loi de moralisation de la vie publique, en particulier de lutte déterminée contre les conflits d'intérêts". 

Pour François Bayrou, il était hors de question de s'allier avec François Fillon : "Je ne pouvais faire d’accord avec François Fillon parce que son programme est dangereux pour l’alternance et pour l’élan de la société française. S'y est ajouté le dévoilement des affaires unanimement accepté par les siens", a-t-il indiqué. 

François Bayrou a longtemps soufflé le chaud et le froid sur la question d’une éventuelle candidature à la présidentielle. Le maire de Pau a toujours assuré qu’il ne se présentait pas si Alain Juppé remportait la primaire de la droite. En août dernier, il se disait toutefois "persuadé d’avoir un coup à jouer" pour la présidentielle au cas où le maire LR de Bordeaux ne gagnait pas le scrutin. Confiant à l'époque sur ses chances, François Bayrou assurait déjà en juillet 2015 être "l’un des quatre qui peuvent gagner" la présidentielle de 2017.

La nette victoire de François Fillon à la primaire, que François Bayrou – comme beaucoup d’autres – n’avait pas anticipé, a troublé les plans du maire de Pau. Le chef de file des centristes a longtemps hésité. Se présenter, au risque de ne pas atteindre les 5 % requis pour le remboursement d’une partie des frais de campagne (environ 8 millions d’euros), et ainsi plomber durablement son parti, le MoDem ? Ne pas concourir à la présidentielle, laissant ainsi le champ libre à celui qui était pourtant jusque là son meilleur ennemi, Emmanuel Macron, qu’il qualifiait d’"hologramme" ? Ou finalement faire une alliance avec le candidat à la présidentielle d'En Marche! ?

Début février, François Bayrou avait publié Résolution française où il dénonçait notamment "la tyrannie de l’argent". La sortie de son livre, au même moment que les révélations sur le Penelope Gate, alimentait les spéculations sur une nouvelle candidature du centriste. François Bayrou avait alors critiqué François Fillon, "sous l'influence des puissances de l'argent". Ce qu'il avait déjà déploré en septembre dernier à l'égard... d'Emmanuel Macron, "le candidat des forces de l'argent". Les critiques avaient alors déçu Emmanuel Macron. 

 

 

Invité du 20 heures de France 2, François Bayrou a assuré ne pas avoir troqué son soutien à Emmanuel Macron en échange de circonscriptions pour le MoDem lors des législatives. Il a déclaré : 

 

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- François Bayrou : Je n'ai jamais discuté de circonscriptions avec Emmanuel Macron. Je ne juge pas la situation du pays à l’aune de mon intérêt personnel. Je suis maire de Pau, je suis extrêmement content de ma mairie.



- David Pujadas : Vous nous dites ce soir que vous resterez maire et que vous ne serez pas ministre ?



- François Bayrou : Je ne dirai rien de tel car je ne sais pas ce que la situation sera. Je sais que je vais apporter tout mon effort et au fond tout ce que suis devenu à l’édification d’un monde politique nouveau.

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A défaut de pouvoir compter sur un groupe de députés MoDem, François Bayrou n'a donc pas totalement exclu d'être nommé au gouvernement d'Emmanuel Macron en cas de victoire de ce dernier à la présidentielle. 

 

[EDIT 22 H 30] Ajout des déclarations de François Bayrou sur France 2.

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