Primaire EELV : l'eurodéputée Michèle Rivasi officialise sa candidature

Publié à 15h20, le 01 août 2016 , Modifié à 15h22, le 01 août 2016

Primaire EELV : l'eurodéputée Michèle Rivasi officialise sa candidature
Michèle Rivasi © JEFF PACHOUD / AFP

C'est par un looooong mail envoyé lundi 1er août aux membres du conseil fédéral d'EELV que Michèle Rivasi officialise, sans grande surprise, sa candidature à la primaire d'Europe Écologie - Les Verts. L'eurodéputée, qui n'avait jamais fait mystère de ses intentions, militait jusqu'ici pour Nicolas Hulot, mais l'ancien présentateur d'Ushuaïa a finalement renoncé à se présenter. Alors elle y va.

Elle écrit notamment, dans ce texte ensuite publié sur son blog :

 

Je suis candidate pour représenter le peuple de l’écologie, la voix des lanceurs d’alerte et des défenseurs des biens communs en 2017. Ce n’est pas l’aboutissement d’une ambition de carrière personnelle. Les gens qui me connaissent savent que je suis une femme de combat, proche des gens. Je pense être capable de fédérer les acteurs de l’écologie du quotidien et répondre à la défiance qui s’abat - injustement - sur nous.

Voilà donc une deuxième candidate officielle à cette primaire du parti écolo, après Yannick Jadot (lui aussi eurodéputé) et en attendant de savoir si Cécile Duflot ira directement à la présidentielle ou non. Tous les prétendants à cette primaire devront réunir les parrainages de 36 conseillers fédéraux (sur 240) le 31 août au plus tard. Les militants et sympathisants inscrits pourront ensuite voter, en échange d'une contribution financière évidemment. S'en suivra enfin une campagne présidentielle "low cost" pour cause de finances dans le rouge.

>> À lire : Cosse, Pompili et de Rugy lancent "le parti écologiste" et veulent présenter un candidat à la primaire PS

Dans son courrier, Michèle Rivasi fait tout d'abord une série de constats peu réjouissants. "Notre mouvement est en miettes après la parenthèse enchantée de 2009 / 2011", écrit-elle ainsi sans pincettes et en référence aux nombreux départs de cadres et parlementaires qui ont rythmé la vie d'EELV ces derniers mois. Un parti qu'elle qualifie plus loin de "bateau ivre". Or, cela intervient dans le contexte national et mondial que l'on sait, que Michèle Rivasi décrit comme suit :

 

Sidérés par la terreur, nous avançons aujourd'hui dans la nuit en somnambules, errant vers de nouvelles catastrophes sans en prendre conscience et sans prise sur le réel. Or dans ce vieux monde finissant dans le chaos, où les citoyens souffrent d'une perte de repères, aveuglés qu'ils sont par l'horreur des attentats et la surenchère sécuritaire mettant en péril nos libertés fondamentales, dénoncer ne suffit plus. Il faut énoncer une perspective, retrouver un horizon.

Alors pour ceux que tout cela déprime, sachez qu'il y a évidemment un "espoir" : l'écologie. "Les élections de 2017 doivent être l’occasion de remettre au cœur des débats le discours écologiste et de donner un débouché à l’insurrection citoyenne qui a lieu un peu partout dans le monde pour enterrer le vieux monde et ses dirigeants atteints d’obsolescence programmée", poursuit en effet Michèle Rivasi. Qui donne le ton de son projet :

 

Il y a urgence à inventer un modèle de société fondé sur le bien-vivre ayant renoncé à la croissance et au productivisme / consumérisme comme horizon absolu. Une société des communs s’appuyant sur une économie plurielle. Un projet qui lie l’urgence sociale à l’urgence environnementale tout en répondant à la crise démocratique. Voilà une perspective de réenchantement du monde, antidote à tous les extrémismes.

Quant au programme qui sera le sien, elle dit vouloir porter le "projet collectif" d'EELV mais s'avance sur "4 chantiers prioritaires" :

 

La réappropriation et le contrôle citoyen (via des comités d'usagers) de l’ensemble de nos biens communs passant par une lutte acharnée contre la corruption et la collusion public-privé et le changement de nos institutions à bout de souffle ; l’instauration d’un revenu garanti universel pour tous en reconnaissant à sa juste mesure toute activité socialement utile ; la mise en place d’une véritable fiscalité écologique fondée sur la justice sociale et le principe pollueur-payeur dans le but d’entreprendre une reconversion écologique de nos activités économiques ; la résorption du mal-logement par la réquisition des logements publics vacants en appliquant l'ordonnance de 1945 du général De Gaulle.

Michèle Rivasi dit enfin vouloir "définir un cadre de régulation et un espace public démocratique à l'échelle mondiale en même temps que repenser l'Europe. Il y a nécessité face aux enjeux planétaires de batailler pour la reconnaissance d'une communauté mondiale et humaine de destin. Il faut susciter à cet échelon un rêve d'avenir partagé sans quoi le nationalisme et la guerre triompheront et l'histoire bégaiera."

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