Proche de Macron, l’économiste Jean Pisani-Ferry co-signe une tribune contre la politique d’immigration

Publié à 10h15, le 16 janvier 2018 , Modifié à 14h45, le 16 janvier 2018

Proche de Macron, l’économiste Jean Pisani-Ferry co-signe une tribune contre la politique d’immigration
Jean Pisani-Ferry. © BERTRAND GUAY / AFP

Quand on pense "opposant à Emmanuel Macron", Jean Pisani-Ferry n’est pas le premier nom qui viendrait naturellement à l'esprit. Membre de l’équipe de campagne du chef de l’État, l’économiste co-signe pourtant, ce mardi 16 janvier, une tribune dans Le Monde contre la politique migratoire du gouvernement.

Aux côtés notamment de Laurent Berger (CFDT) et Thierry Pech (Terra Nova), Jean Pisani-Ferry pointe l’écart entre le discours de campagne du candidat et la politique actuelle en matière d’immigration :

"

Monsieur le Président de la République, de votre projet, nous avions retenu que nous aurions une politique de l’asile stricte, mais exemplaire : que sous votre autorité la France veillerait à ce que le droit d’asile ne soit pas détourné de son objet, et que, dans le même temps, elle accorderait sa protection à celles et ceux qui sont légitimes à la demander.

"

Les signataires poursuivent :

"

Nous nous sommes hélas réveillés dans un pays où l’on arrache leurs couvertures à des migrants à Calais. Où l’on lacère leurs toiles de tente à Paris. Où l’on peut se perdre, pieds et mains gelés, sur les pentes enneigées de la frontière franco-italienne.

"

Cette tribune est publiée le jour du déplacement d’Emmanuel Macron à Calais où il doit rencontrer les principaux acteurs pour appréhender la cohabitation entre migrants, associations qui les aident, riverains et forces de l'ordre. Jeudi, le Président rencontrera les autorités britanniques.

Jean Pisani-Ferry rejoint de nombreux intellectuels qui se sont élevés contre le projet de loi asile-immigration que présentera Gérard Collomb en février. Ainsi, le Prix Nobel de littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio a dénoncé dans L’Obs un "déni d’humanité insupportable" dans le traitement des migrants. "La France n'est pas fermée", lui a répondu Emmanuel Macron, appelant à "se garder des faux bons sentiments". Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a quant à lui estimé que le romancier n’était "pas forcément au contact du réel".

[EDIT 14h45]

Lors d'un point presse à l'Assemblée nationale, le patron des députés LREM Richard Ferrand a assuré dans un teasing que "les préventions de Jean Pisani-Ferry [n'étaient] pas fondées".

#

Du rab sur le Lab

PlusPlus