Quand on lui parle de Bygmalion et de Buisson, Sarkozy répond d'abord en parlant d'immigration et d'islam

Publié à 10h05, le 03 octobre 2016 , Modifié à 12h45, le 04 octobre 2016

Quand on lui parle de Bygmalion et de Buisson, Sarkozy répond d'abord en parlant d'immigration et d'islam
Nicolas Sarkozy © AFP

CONTRE-FEU - Nicolas Sarkozy a vécu une fin septembre plutôt difficile. Il y a eu les révélations de Mediapart sur le financement supposé de sa campagne présidentielle de 2007 par le régime libyen de Mouammar Kadhafi. Il y a également eu la sortie du livre de Patrick Buisson, affirmant notamment que l'ancien ministre de l'Intérieur aurait laissé éclater des émeutes dans Paris lors des manifestations anti-CPE en 2006. Il y a encore eu les mots de Jean-François Copé dans Le Monde, expliquant que l'ancien Président veut être réélu "pour ne pas aller au tribunal" et trouvant probable que la Libye ait mis la main à la poche en 2007. Il y a eu enfin le reportage d'Envoyé Spécial, sur France 2, à propos de l'affaire Bygmalion. Bref, la semaine fut plutôt agitée du côté de la Sarkozie.

Comment faire, alors, pour défendre l'ancien chef de l'État ? Les proches de l'ex-Président avaient trouvé la parade en attaquant les médias, qu'il s'agisse de Mediapart, ou de France 2, et Patrick Buisson. Nicolas Sarkozy, lui, trouve un autre moyen. Quand Le Figaro l'interroge ce lundi 3 octobre sur cette *sale* semaine, le candidat à la primaire de la droite parle d'immigration, d'intégration et d'islam.

Voici la question du Figaro, suivie de la réponse de l'ancien président de la République dans son intégralité :

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-          Le Figaro : Comment avez-vous vécu la semaine dernière, marquée notamment par la sortie du livre de Patrick Buisson, les déclarations de Jean-François Copé sur l'affaire Bygmalion, etc. ?



-          Nicolas Sarkozy : J'ai pris deux engagements dans cette campagne, le premier - le plus important à mes yeux - est de parler aux Français de la réalité qu'ils vivent, et pas de la réalité virtuelle portée par une pensée unique. Oui, il y a un problème d'autorité de l'État, de respect des règles de la République, oui, il y a un problème avec l'islam, oui, il y a un problème d'immigration et oui, il y a un problème de fiscalité. Je n'en dévierai pas. Si une partie de mes concurrents et des médias sont davantage intéressés par donner de la publicité aux propos d'un personnage aux méthodes immorales, condamnées à deux reprises par la justice, c'est leur problème. Mais moi, je n'ai pas à les suivre dans le caniveau. Quant à certains de mes concurrents à la primaire, j'ai bien vu la violence des attaques. C'est celle qui a conduit à la destruction de l'UMP! Pourquoi je ne réponds pas? Parce que j'ai pris l'engagement que la primaire ne tournerait pas au pugilat. Pour monter sur le ring, il faut être deux. Et ceux qui voudraient m'y attirer le font parce que leur crédibilité a été détruite par l'acharnement de leur conflit d'hier. Ne comptez pas sur moi pour suivre ce détestable exemple.

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Il faut donc attendre un commentaire sur les "problèmes" de la France, les "problèmes" d'"autorité de l'État", d"'immigration", de "fiscalité", de "respect des règles de la République" et donc d'"islam" pour que Nicolas Sarkozy réponde à la question. Il le fait en critiquant Patrick Buisson, "personnage aux méthodes immorales, condamnées à deux reprises par la justice", puis ses adversaires qui osent aller sur le terrain judiciaire pour l'attaquer. On pense immédiatement aux remarques de François Fillon, n'imaginant pas le général de Gaulle mis en examen. On pense également à Jean-François Copé, premier rôle – c'est une évidence – dans la guerre Fillon–Copé pour la présidence de l'UMP en 2012, et qui n'a pas mâché ses mots la semaine passée... 

Sur le fond cette fois, comme son entourage, Nicolas Sarkozy ne se prononce pas, qu'il s'agisse des accusations sur le financement de la campagne de 2007, de celle de 2012, ou des attaques de l'ancien conseiller obscur.  

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