Quand soudain, Jean-Christophe Cambadélis qualifie Emmanuel Macron de "ministre d'ouverture"

Publié à 10h45, le 29 septembre 2015 , Modifié à 19h01, le 29 septembre 2015

Quand soudain, Jean-Christophe Cambadélis qualifie Emmanuel Macron de "ministre d'ouverture"
Jean-Christophe Cambadélis, pas peu fier de sous-entendre qu'Emmanuel Macron est de droite. © THOMAS SAMSON / AFP

#NOTINMYGAUCHE - On savait déjà que Jean-Christophe Cambadélis considérait qu'Emmanuel Macron n'était pas socialiste. Voilà qu'il le qualifie désormais de "ministre d'ouverture". Autrement dit, de droite... ou à tout le moins pas de gauche.

Le Premier secrétaire du PS tenait une conférence de presse, mardi 29 septembre, sur le référendum qu'il organise sur l'unité de la gauche en vue des élections régionales. C'est au cours de cette prise de parole que ce scud a fusé de la part du premier des socialistes :

 

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C'est un ministre d'ouverture et le Parti socialiste ne polémique pas avec un ministre d'ouverture.



Ce qu'il dit ne nous engage pas et ce que nous pensons ne l'engage pas. On en restera là.

"

Pour rappel, un "ministre d'ouverture", c'est par exemple Bernard Kouchner nommé sous Nicolas Sarkozy après avoir participé aux gouvernements socialistes de Pierre Bérégovoy et Lionel Jospin, ou Éric Besson qui, de député socialiste et secrétaire national du PS, est lui aussi devenu ministre de François Fillon. Il y a aussi le cas de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'État de 2007 à 2008 et actuel secrétaire général de la présidence de la République sous François Hollande. 

L'expression désigne donc très clairement un transfuge de l'autre bord politique. Mais promis, le patron de Solférino ne veut pas "polémiquer" avec celui qui ressemble de plus en plus à sa cible favorite.

Cette gentillesse de "Camba" intervient alors que les polémiques autour d'Emmanuel Macron, qui revendique de ne pas avoir sa carte d'adhérent socialiste, s'enchaînent presque sans discontinuer. On l'a vu récemment autour des 35 heures ou du statut des fonctionnaires, deux totems de la gauche auxquels s'est attaqué l'ex-conseiller de François Hollande. Fin août, après ladite sortie de Macron sur les 35 heures qualifiées de "fausses idées", Cambadélis avait d'ailleurs promis : "Je le rencontrerai en début de semaine et nous aurons une amicale et franche conversation."

En mettant ainsi régulièrement les pieds dans le plat, le "chouchou" de Hollande s'est attiré moult compliments et offres d'emploi de la part de l'UDI ou de Les Républicains. Et son cas divise toujours autant le PS : si Cambadélis le qualifie donc presque de droite et que Martine Aubry en a "ras-le-bol" de ses déclarations fracassantes, Bruno Le Roux, en revanche, considère qu'un "vrai socialiste" est celui qui défend le ministre iconoclaste. Et à gauche du PS, Gérard Filoche a même lancé un site internet réclamant sa démission.

Même François Hollande fait des blagues présentant Emmanuel Macron comme un ministre "de droite", c'est dire...

[EDIT 19h] De son côté, le président du groupe PS au Sénat Didier Guillaume ne pense pas du tout comme Jean-Chrsitophe Cambadélis. Interrogé par Public Sénat, il assure que non, Emmanuel Macron n'est pas un "ministre d'ouverture". Il dit : 

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Emmanuel Macron est socialiste, est un homme de gauche, ce n’est pas un ministre d’ouverture. C’est un ministre de grande qualité dont la France a besoin. 

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