Quatre sénateurs EELV menacent de quitter le groupe si Jean-Vincent Placé ne lâche pas la présidence

Publié à 19h07, le 20 octobre 2015 , Modifié à 19h42, le 20 octobre 2015

Quatre sénateurs EELV menacent de quitter le groupe si Jean-Vincent Placé ne lâche pas la présidence
© JOEL SAGET / AFP

OUST - À l'Assemblée nationale, les deux courants de députés EELV ont réussi à trouver un modus vivendi afin de sauvegarder l'existence de leur groupe parlementaire, malgré de fortes oppositions politiques et stratégiques. L'illustration concrète en est l'arrivée de Cécile Duflot à la co-présidence, aux côtés de Barbara Pompili et en remplacement de François De Rugy. Au Sénat en revanche, le groupe écolo, traversé par les mêmes lignes de fracture, ne parvient pas à se sortir de la crise et risque la disparition pure et simple

Devant l'échec des dernières négociations, quatre sénateurs EELV (Esther Benbassa, Ronan Dantec, Jean Desessard et André Gattolin) ont en effet menacé, mardi 20 octobre, de quitter le groupe si Jean-Vincent Placé refuse d'en lâcher la présidence. Or, ce groupe ne compte que 10 membres, soit le minimum requis. Un seul départ signifierait donc sa fin. Ils se donnent jusqu'au 4 novembre pour que la situation évolue et leur ultimatum aurait, selon eux, le "soutien clair" du parti.

Le départ de Jean-Vincent Placé est réclamé en vain par certains depuis que celui-ci a claqué la porte d'EELV pour créer, avec François De Rugy, l'Union des démocrates et écologistes (UDE) et le parti Écologistes !. Il a par ailleurs, ces derniers mois, multiplié les déclarations difficiles à avaler pour ses collègues écolos. Les dix sénateurs EELV s'étaient réunis mardi matin mais "malheureusement cette réunion n'a pas permis de dépasser les blocages observés", a souligné Ronan Dantec à l'AFP.

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De son côté, l'actuel patron des sénateurs verts campe sur ses positions, expliquant à l'AFP :

Je m'efforcerai à tout faire pour préserver l'unité du groupe, dans le dialogue.

Il rappelle également qu'il avait proposé une solution avec deux coprésidents, comme c'est le cas à l'Assemblée.

Ce qui fait dire à Esther Benbassa, interrogée par Le Scan du Figaro :

Jean-Vincent Placé, c'est un Bokassa vert : 'C'est moi ou on meurt tous'.

Ronan Dantec non plus n'en démord pas : "Nous sommes attachés au maintien d'un groupe écologiste, nous avons essayé de trouver des formules, mais il y a une ligne rouge, à savoir que Jean-Vincent Placé, qui a fondé un parti politique concurrent à EELV, ne peut pas rester président. [...] Nous avons à nouveau cherché ce matin une solution mais nous avons buté sur le fait qu'il refuse de ne pas être président institutionnel du groupe, y compris dans le cadre [d'une présidence tournante] que nous avons proposé[e]."

Jean Desessard a quant à lui rappelé la déclaration du bureau exécutif d'EELV du 10 octobre, qui a demandé à ce que la présidence du groupe au Sénat revienne à un parlementaire membre du parti et qu'"en tout état de cause cette présidence ne peut pas être assurée par un dirigeant d'un parti concurrent". "Nous nous inscrivons dans la ligne du bureau exécutif, on ne peut pas faire comme si rien était", a-t-il ajouté, précisant que la démarche des quatre sénateurs avait le "soutien clair" du parti.

"Si le groupe disparaît, nous ne serions pas responsable", a encore estimé esther Benbassa. Jean-Vincent Placé serait donc considéré comme le seul fautif dans cette histoire. 

[Edit 19h40]

Sur Twitter, François de Rugy a jugé "extrêmement choquant[s]" les propos d'Esther Benbassa à l'encontre de Jean-Vincent Placé, déclarant sa "solidarité totale" à ce derneir :

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