Rachida Dati fustige "les méthodes de barbouze" du sarkozyste Bernard Squarcini qui voulait "la tuer"

Publié à 15h27, le 06 novembre 2016 , Modifié à 17h30, le 06 novembre 2016

Rachida Dati fustige "les méthodes de barbouze" du sarkozyste Bernard Squarcini qui voulait "la tuer"
© Capture d'écran BFMTV

Rachida Dati peut parfois exprimer sa colère. Et quand la maire Les Républicains du 7e arrondissement de Paris sort de ses gonds, elle ne le fait pas à moitié. Sur BFMTV, ce dimanche 6 novembre, la députée européenne et soutien de Nicolas Sarkozy pour la primaire de la droite a vivement critiqué l’ancien patron sarkozyste du renseignement intérieur Bernard Squarcini et la députée de l’Essonne Nathalie Kosciusko-Morizet.

En cause, les révélations du Monde sur "le Squale" publiées vendredi 4 novembre. Le quotidien a retranscrit une conversation téléphonique interceptée par les policiers, le 28 mars 2013, où Bernard Squarcini demandait à NKM, alors candidate de la droite aux municipales à Paris, de "tuer Rachida et Fillon". Ce à quoi la députée semblait plutôt favorable : "Le meilleur moyen de la tuer, c’est d’éteindre", avait-t-elle répondu. Ces propos ont fait bondir Rachida Dati au cours d’un échange tendu avec la journaliste de BFMTV Apolline de Malherbe. Voilà ce qu’elle a déclaré lors de l’émission BFM politique :

 

 

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Je sais, Madame Kosciusko-Morizet correspond à une petite caste, elle vous ressemble… Quand il s’agit de Madame Kosciusko-Morizet, rien n’est choquant car elle correspond… C’est toujours la théorie de l’apparence, puis elle fait genre (sic) ‘je suis libre’, ‘je suis impertinente’, ’je suis  courageuse’. Mais en quoi c’est le courage ça ? Mais ça devrait vous indigner, ça devrait indigner la classe politique ces révélations. C’est quoi d’autre que des méthodes de barbouze utilisées avec l’aide d’un barbouze pour essayer de ‘me tuer’, je cite ? Ça vous révèle aussi la duplicité très grave de Madame Kosciusko-Morizet qui fait genre (sic) ‘je suis une grande démocrate’ mais c’est grave. Moi je voudrais qu’elle s’en explique, je considère que la classe politique doit la mettre hors-jeu, elle doit la mettre à l’index, elle doit lui demander des comptes (…) Qui est Monsieur Squarcini ? Il fut le patron du renseignement français, sa mission c’est de lutter contre le terrorisme et de lutter contre la criminalité, ce n’est pas d’utiliser la demande d’un adversaire politique d’éliminer et de ’tuer’ je cite un autre adversaire politique. Moi je ne connais pas ces méthodes. Si, on connaît ça dans les Etats arbitraires et dans les dictatures, ça c’est grave. Moi je demande à ce que les candidats à la primaire mais aussi les responsables politiques interpellent Madame Kosciusko-Morizet sur cette méthode d’utiliser le chef du renseignement pour ‘tuer’ un adversaire politique, pour enquêter sur la vie privée d’un adversaire politique. Ça, ce n’est pas de la démocratie, ça c’est de la qualification pénale (...) Madame Kosciusko-Morizet a demandé l’exclusion de Monsieur Jean-Frédéric Poisson de la primaire pour des propos dont il s’est excusé. Est-ce que qu’elle a encore sa place dans la primaire ? Moi je demande à la Haute autorité de la primaire, je demande aux candidats de la primaire… (Elle est coupée par la journaliste).

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Un peu plus tôt, sur France 3 Paris- Ile-de-France, NKM avait réagi aux révélations du Monde. Bien plus prudemment et mollement. "Je ne me souviens pas de cette conversation précisément. C’est un contexte très particulier de la campagne (…) C’est (Bernard Squarcini, ndlr) juste un ami de Jean Tibéri (l’ancien maire de Paris et ex-maire du Ve arrondissement de Paris, qui souhaitait alors être de nouveau candidat dans le Ve, ndlr) connu comme tel et comme je le connais, je l’appelle", s’est-elle justifiée.

Ce n’est pas le premier coup de gueule de Rachida Dati. Le 14 mai 2015, la maire du VIIe arrondissement s’était déjà emportée, dénonçant "une cabale politique" à son encontre, orchestrée notamment par "l’entourage de Nicolas Sarkozy qui veut l’abattre". Ce qui n’a donc pas empêché Rachida Dati de soutenir Nicolas Sarkozy pour la primaire.

 

[BONUS TRACK] "Vous n’êtes pas juge, vous n’êtes pas procureur"

Sur BFM politique, Rachida Dati a aussi critiqué Apolline de Malherbe. La journaliste de BFMTV avait lu le SMS envoyé le 9 septembre 2013 par la maire du VII arrondissement à Brice Hortefeux, qui commençait par "salut le facho", révélé par Mediapart le jeudi 3 novembre :

 

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Vous n’êtes pas juge, vous n’êtes pas procureur et vous n’êtes pas entre Monsieur Hortefeux et moi.

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Sur le fond, Rachida Dati a redit que cet épisode est "ancien". "Cela correspond à une période de tension que j’avais à l’époque. Brice et moi,on a eu de très mauvaises relations entre 2009 et 2014 et depuis ça s’est totalement rétabli, on s’est expliqués".

La députée européenne LR dénonce "une atteinte à la vie privée" après la publication de ce SMS. Et critique les journalistes de Mediapart : "Les mêmes dans votre corporation qui s’indignent du fichage de masse et des écoutes de masse, les mêmes s’en délectent à des fins mercantiles quand ça peut les servir pour se faire un peu d’argent". 

Un peu plus tard dans la journée, Rachida Dati a remis sur Twitter une pièce sur sa demande d'exclusion de NKM de la primaire : "Après les révélations sur sa conversation avec Bernard Squarcini, NKM a-t-elle encore sa place dans la primaire ?"

 

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