Régionales Île-de-France : les approximations des candidats Bartolone et Pécresse sur la baisse des effectifs de sécurité entre 2007 et 2012

Publié à 19h32, le 09 décembre 2015 , Modifié à 20h22, le 09 décembre 2015

Régionales Île-de-France : les approximations des candidats Bartolone et Pécresse sur la baisse des effectifs de sécurité entre 2007 et 2012

LA MAGIE DES CHIFFRES – C’est bien connu, on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres. Nouvelle preuve lors du débat (enfin) organisé le 9 décembre par Europe 1/iTélé entre les candidats aux régionales en Île-de-France qualifiés au second tour. Invités : Claude Bartolone (PS), Valérie Pécresse (LR) et Wallerand de Saint Just (FN).

Et c’est sur la sécurité, compétence non-régionale, que les deux favoris du scrutin se sont écharpés. D’un côté, Claude Bartolone a repris de vieux arguments pour accuser Valérie Pécresse d’appartenir à une majorité (2007-2012) ayant fait baisser les effectifs policiers (en se trompant un peu dans les termes).

De l’autre, Valérie Pécresse a utilisé cette erreur pour affirmer que "de 2002 à 2012, il n’y a pas eu de suppressions de policiers sur les 10 ans où la droite a gouverné la France." Une affirmation correcte sur les policiers qui cache en réalité une réelle baisse sur la période concernant les effectifs de sécurité.

#Ce qui a été dit

Voici la retranscription de l’échange :

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- Claude Bartolone : Puisque vous parlez souvent de sécurité, vous appartenez à la majorité qui a supprimé 13.000 postes de policiers, avec la conséquence que cela a pu avoir sur la sécurité, notamment dans les quartiers populaires.



- Valérie Pécresse : Monsieur Bartolone prend les chiffres qui l’avantagent. De 2002 à 2012, il n’y a pas eu de suppressions de policiers sur les 10 ans où la droite a gouverné la France. En revanche, depuis 2012, il n’y a pas eu non plus d’augmentation.

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Le problème, c’est que les deux candidats ne prennent pas la même période en compte (2007-2012 pour Bartolone, 2002-2012 pour Pécresse). Ni les mêmes référentiels puisque Claude Bartolone parle des effectifs de sécurité (police et gendarmerie) quand Valérie Pécresse ne parle que des policiers.

#Ce que disent les chiffres

Claude Bartolone se trompe (un peu) en affirmant que 13.000 postes de policiers ont été supprimés entre 2007 et 2012. Comme le relevait un rapport parlementaire de 2014, les 13.000 postes supprimés existent bien mais concernent les forces de police ET celles de gendarmerie.

De son côté, Valérie Pécresse utilise volontairement la période 2002-2012 pour englober les chiffres à la baisse des effectifs de sécurité entre 2007 et 2012. D’ailleurs, pas plus tard que le 2 décembre, sur le plateau de BFMTV, elle confessait que cette baisse d’effectif était "une erreur".

En réalité, entre 2002 et 2007, un peu plus de 7.000 postes de policiers ont été créés. Entre 2007 et 2012, 7.000 ont été supprimés dans la police comme l’expliquait le fameux rapport de 2014 largement repris (ici, ici ou ici). À cette baisse s’ajoute celle des effectifs de gendarmerie de 6790 postes. D’où les fameux 13.000 postes supprimés de Claude Bartolone.

Comme quoi prendre "les chiffres qui l’avantagent" ne concerne pas que Claude Bartolone. 

[BONUS TRACK] Racisme anti-picard

Et Wallerand de Saint Just dans tout ça ? Et bien le candidat FN a accusé Valérie Pécresse de racisme "anti-picard". En cause, la méconnaissance supposée du candidat FN de la région. Voilà le dialogue entre les deux, issu d’une discussion concernant l’accueil des réfugiés :

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- Valérie Pécresse : Combien il y a de tarifs sociaux Wallerand de Saint Just ? Combien il y en a a ?



- Wallerand de Saint Just : Attendez, vous n’êtes pas mon professeur, je ne suis pas votre élève, on n’est pas chez Jean-Jacques Bourdin.



- Journaliste iTélé : Ça c’est bien vrai, on n’est pas chez lui, et heureusement.



- Wallerand de Saint Just : Mais vous voulez être présidente de la région ?



- Valérie Pécresse : Oh arrêtez, vous ne savez pas grand-chose sur la région monsieur Saint Just. Vous êtes conseiller régional de Picardie.



- Wallerand de Saint Just : Je ne sais pas grand-chose sur la région ? Je suis conseiller régional de Picardie depuis 1992. Mais qu’est-ce que c’est que ce racisme anti-picard ?

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Vous aurez remarqué le revival Mitterrand-Giscard sur le côté professoral. Quant au racisme "anti-picard", on avoue ne pas la connaître. Consiste-t-il à interdire la tartiflette au maroille ? Mystère et boule de gomme.

 

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