Ce sketch où Edouard Philippe raconte sa première rencontre avec Emmanuel Macron

Publié à 12h02, le 28 novembre 2017 , Modifié à 11h19, le 26 décembre 2017

Ce sketch où Edouard Philippe raconte sa première rencontre avec Emmanuel Macron
Edouard Philippe. © AFP

Edouard Philippe n'est pas un show-man, c'est son côté juppéiste. Néanmoins, il est doué pour manier l'humour discret, subtil. C'est son côté juppéiste.

Lundi 27 novembre, le Premier ministre est sur scène à l'occasion du Live Magazine, au Casino de Paris, une soirée pendant laquelle des journalistes, des photographes, des dessinateurs, des réalisateurs se succèdent sur une scène pour raconter une histoire. Edouard Philippe est dans un bon jour. Il raconte sa journée du 24 avril. On est alors au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron affrontera Marine Le Pen dans moins de quinze jours.

Edouard Philippe est au siège de LR et il s'apprête à aller rencontrer Emmanuel Macron. Sauf qu'il va donner rendez-vous à la voiture qui vient le chercher à une autre adresse "au pif" : le siège de l'UDI.

Extraits d'un document capté par Closer :

Moi, le 24 avril, j'étais à 17h30 rue de Vaugirard, devant le siège d'un parti politique que j'avais contribué à créer, ça doit être les Républicains. J'en parle au passé, non pas qu'il n'existe plus mais je n'en suis plus membre. On avait une réunion du bureau extrêmement importante. On avait réuni tout le monde après ce séisme du premier tour. On avait une question compliquée : il fallait savoir si on allait appeler à voter pour Emmanuel Macron ou contre Marine Le Pen. Il fallait savoir si on souhaitait la défaite de Marine Le Pen ou la défaite d'Emmanuel Macron. Donc on était plus d'une centaine et on a mis deux heures. Juste avant, j'ai reçu un coup de fil du secrétariat d'Emmanuel Macron :



- Emmanuel Macron veut vous voir.



- Très bien.



- Mais vite, par exemple, ce soir. Mais ça serait bien que vous veniez discrètement car il y a plein de journalistes en bas.



- Pourquoi pas…



- On vient vous chercher, où vous êtes ?



- Non, pas là où je suis. Je vais vous donner une adresse.



Je sors mon téléphone et je regarde une rue discrète pas très loin de Vaugirard. Je fais un peu au pif. Je dis : 'Bah, tiens, on se retrouve rue des Volontaires. Vous venez me chercher et tout ira bien' Je fais ma réunion, je sors consterné et je me dis 'ben j'aurai quelque chose à raconter'. Je vais rue des Volontaires discrètement. J'arrive rue des Volontaires au numéro que j'ai donné complètement par hasard et là je me rends compte, je vous jure que c'est vrai, que je suis juste devant le siège de l'UDI.

Quitter le siège de LR, donner rendez-vous, "au pif", devant le siège de l'UDI pour rejoindre le futur président de la République qui va bousculer l'équilibre dans la force gauche-droite, ça ne s'invente pas.

Ensuite, Edouard Philippe "arrive au QG d'Emmanuel Macron, allongé dans la voiture avec une couverture. [...] Le courant passe très bien entre nous. Je le revois dans la semaine et je me dis, tiens, il se passe quelque chose."

Finalement, le 15 mai, après une course-poursuite épique entre le taxi d'Edouard Philippe et les motos de télévision (où il avait semé tout le monde à l'Assemblée, faisant diversion avant de se rendre à l'Elysée), le maire du Havre est nommé à Matignon.

Du rab sur le Lab

PlusPlus