Révélations sur les assassinats ciblés : pour le député LR Pierre Lellouche, la question de la destitution de François Hollande est posée

Publié à 07h53, le 20 octobre 2016 , Modifié à 12h00, le 20 octobre 2016

Révélations sur les assassinats ciblés : pour le député LR Pierre Lellouche, la question de la destitution de François Hollande est posée
© Montage Le Lab via LCP

En révélant avoir "décidé quatre au moins" assassinats ciblés de jihadistes pendant son mandat, dans Un président ne devrait pas dire ça... (Stock), François Hollande a été désavoué même par Jean-Marc Ayrault. "Un Président ne devrait pas dire ça", a vivement réagi le ministre des Affaires étrangères.

Avec un tel désaveu de la part de ce fidèle hollandais, il fallait s’attendre à ce que l’opposition s’indigne encore davantage. Mercredi 20 octobre, c’est Pierre Lellouche qui se charge de dézinguer en bonne et due forme des "révélations intolérables", voire "dangereuses". Surtout, briser ainsi de tels secrets d’État pose, selon le député LR, la question d’une éventuelle destitution.

À la tribune de l’Assemblée nationale, lors du débat sur les opérations extérieures de la France, l’élu de Paris a invectivé Manuel Valls :

 

"

Comment peut-on imaginer, monsieur le Premier ministre, que le président de la République, chef des armées, s'installe dans le rôle de commentateur en temps réel de décisions les plus secrètes en matière d'emploi de la force [ou] communique par le menu des conversations avec les présidents Obama et Poutine ? Comment imaginer que le président de la République leur confie le ciblage de bombardements français sur des objectifs en Syrie, et que des documents confidentiels soient fuités aux journalistes puis publiés dans leur journal ?

"

Outre les "conditions de libération des otages par les forces spéciales", notamment que "la France paye les preneurs d'otage, directement ou indirectement", il a reproché au locataire de l'Élysée ses confidences sur le fait d'avoir "ordonné l'assassinat de plusieurs terroristes, les fameuses opérations 'Homo'", dont la liste a été "passée aux journalistes". "Les bras m'en tombent", s'est exclamé celui qui soutient Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite.

Jugeant que François Hollande a "violé ouvertement l'obligation de secret", ce membre de la commission des Affaires étrangères a ainsi conclu son intervention :

 

"

La question de l'application de l'article 68 est désormais posée.

"

Une intervention à revoir ci-dessous en vidéo :

Le président de la République "ne peut être destitué qu'en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat", par le Parlement constitué en Haute Cour, dispose notamment cet article de la Constitution.

Mardi, Jean-Luc Mélenchon a de son côté mis en garde le chef de l’Etat sur le fait que les "assassinats" de jihadistes évoqués par François Hollande "relev[ai]ent en principe du tribunal pénal international".



À LIRE SUR LE LAB :

Ayrault dénonce les confidences de Hollande sur des "assassinats ciblés" : "un Président ne devrait pas dire ça"

Du rab sur le Lab

PlusPlus