Saint-Étienne du Rouvray : après les révélations de Mediapart, Gilbert Collard met en cause Gérard Collomb et réclame sa démission

Publié à 11h21, le 05 janvier 2018 , Modifié à 11h21, le 05 janvier 2018

Saint-Étienne du Rouvray : après les révélations de Mediapart, Gilbert Collard met en cause Gérard Collomb et réclame sa démission
Gilbert Collard © AFP

C'est un scandale que révèle Mediapart jeudi 4 janvier. Selon le site d'information, la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris aurait identifié l'un des terroristes de Saint-Etienne du Rouvray, qui a coûté la vie au père Jacques Hamel en juillet 2016, cinq jours avant l'attaque. Mais ces informations n'ont pas été transmises à temps aux autorités compétentes. Pis, pour masquer son raté, la DRPP a postdaté deux documents.

Ce scandale qui éclabousse les services de renseignements français prend déjà une tournure politique. Ce vendredi 5 janvier, le député du Gard affilié FN Gilbert Collard écrit au Premier ministre Edouard Philippe afin de lui demander des explications sur ces manquements.

L'élu demande d'abord au chef du gouvernement si Gérard Collomb a eu connaissance des faits depuis qu'il est installé place Beauvau. Il écrit :

Il est en effet inconcevable qu’un ministre puisse rester à son poste s'il avait eu connaissance sans réagir d’aussi graves ratés et manquements au sein de sa propre administration. Il convient de rappeler que le ministre est le chef de ses propres services. Donc, soit le ministre a manqué à son obligation générale de surveillance s’il n’était pas informé. Soit il a menti à ses administrés et au clergé s’il avait été informé des événements de juillet 2016 : dans les deux cas, le ministre de l’Intérieur ne peut que présenter sa démission.

 

Gilbert Collard, tout en réclamant la tête du ministre de l'Intérieur, demande si ce dernier "a d’ores et déjà saisi le procureur de la République pour les faits gravissimes suivants : la non-assistance à personne en danger de mort ainsi que le faux usage de faux en matière administrative".

Et le député de s'interroger sur le sort judiciaire à réserver à celui qui, à l'époque des faits, était en poste : Bernard Cazeneuve.

Le père Jacques Hamel a été assassiné le 26 juillet par un terroriste se réclamant de Daech. Une vague d'émotion et d'indignation avait alors enveloppé la France. "Attaquer une église, tuer un prêtre, c'est profaner la République qui garantit la liberté de conscience", avait déclaré François Hollande. Plusieurs élus, de droite comme de gauche, avaient appelé à ne pas tomber dans le piège de la guerre de religions.

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