Saint-Etienne-du-Rouvray : Nicolas Sarkozy dénonce les "arguties juridiques" qui freinent la lutte contre le terrorisme

Publié à 15h02, le 26 juillet 2016 , Modifié à 15h20, le 26 juillet 2016

Saint-Etienne-du-Rouvray : Nicolas Sarkozy dénonce les "arguties juridiques" qui freinent la lutte contre le terrorisme
© AFP

Un prêtre a été égorgé lors d’une attaque menée dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen (Seine-Maritime), et revendiquée par Daech, ce mardi 26 juillet. Les deux terroristes ont pris en otage cinq personnes qui se trouvaient à l’intérieur de l’église, avant d’être abattus par des policiers de la BRI. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête.

La classe politique a immédiatement réagi, déplorant "l’horreur" à nouveau. Nicolas Sarkozy a attendu 14h30 pour s’exprimer depuis le siège des Républicains. L’ancien Président a d’abord exprimé sa "profonde tristesse" après l'"ignoble attaque terroriste".

"En assassinant un prêtre catholique, en blessant gravement des fidèles dans une église, c’est l’âme de la France qui est touchée", s'est désolé le patron de LR.

Nicolas Sarkozy a embrayé sur une vive critique de la politique gouvernementale dans la lutte contre le terrorisme, fustigeant l'"action incomplète" de l’exécutif, à qui il a demandé de "mettre en oeuvre toutes les propositions" présentées par son parti  :

Cette situation doit nous conduire à la plus grande lucidité et à enfin comprendre que nous devons changer profondément la dimension, la mesure, la stratégie de notre riposte. Notre ennemi n’a pas de tabou, pas de limites, pas de morale, pas de frontières. Nous devons être impitoyables. Les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète ne sont pas admissibles. Je demande au gouvernement de mettre en oeuvre toutes les propositions que nous avons présentées depuis des mois sans délai. Nous ne pouvons plus perdre de temps. C’est la guerre et il n’y a pas d’autre choix que de la mener et de la gagner.

Le discours de l’ex-chef de l’Etat s’inscrit donc dans la lignée des propositions portées à l’Assemblée nationale lors du débat sur la prorogation de l’état d’urgence le 20 juillet par Eric Ciotti, Laurent Wauquiez ou encore David Douillet. Ces députés sarkozystes demandaient la mise en place de mesures radicales, quitte à violer l’Etat de droit, dans le but de mieux lutter contre le terrorisme.

Nicolas Sarkozy demande, depuis plusieurs mois, la pose d’un bracelet électronique pour toutes les personnes fichées S. Ce qui, rappelons-le, serait contraire au droit puisqu’il s’agit parfois de personnes non-condamnées par la justice, mais sur lesquelles pèsent des soupçons de radicalisation.

[BONUS TRACK]

Le député LR Eric Ciotti a demandé l'assignation à résidence des "individus fichés pour radicalisation", l'expulsion immédiate de "tous les étrangers radicalisés" et l'interruption totale des "flux migratoires provenant des zones à risques". L'élu proche de Nicolas Sarkozy souhaite également "une convocation du parlement pour voter la rétention administration et de sûreté, refusées par le gouvernement" :

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