Sapin défend "Hollande l'audacieux" tout en attaquant Sarkozy : "C'est pas le mouvement des épaules qui fait l'audace"

Publié à 10h03, le 15 juillet 2015 , Modifié à 10h51, le 15 juillet 2015

Sapin défend "Hollande l'audacieux" tout en attaquant Sarkozy : "C'est pas le mouvement des épaules qui fait l'audace"
Michel Sapin invitant *quelqu'un* au silence. Mais qui ? © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

QUAND JE LE COMPARE, IL ME RASSURE - Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui rigolent encore après que François Hollande s'est qualifié lui-même de "président audacieux". Et ceux qui trouvent que cela est très vrai. Si les premiers peuvent compter sur la présence de Nadine Morano dans leurs rangs, les seconds sont notamment emmenés par Michel Sapin. 

Sur iTélé mercredi 15 juillet, le ministre des Finances est interrogé sur ce trait de caractère que le chef de l'État a mis en avant durant son interview du 14 juillet sur TF1 et France 2. Bien sûr, celui qui est un ministre "formidable" selon Manuel Valls est bien d'accord avec François Hollande. Revenant sur l'accord mettant un terme à la crise politique autour du dossier grec, il explique tout d'abord :

 

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Je pense qu'il fallait de l'audace pour faire ce qu'il a fait, y compris dans la nuit [de négociations].

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Au-delà de cette lutte menée par François Hollande contre le Grexit, Michel Sapin répète que de manière générale, François Hollande est un président "audacieux". Notamment par rapport à d'autres locataires de l'Élysée (suivez son regard) :

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Il y a des audacieux sous des dehors tranquilles et puis il y a des gens très très agités, mais alors qui sont d'un conservatisme total.



C'est pas le mouvement des épaules ou l'intensité de la voix qui fait l'audace. C'est la réalité des décisions et la précision des décisions.

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En bon élève du gouvernement (mais pas encore au niveau de François Rebsamen), Michel Sapin en veut pour preuve un exemple, déjà avancé par François Hollande mercredi :

 

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Aucun gouvernement au cours de ces dernières années n'avait décidé et mis en oeuvre 40 milliards de baisse de cotisations et de charges sur les entreprises. C'est audacieux, ça ne va pas de soi, c'est débattu à gauche.

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Une détermination sans faille, malgré la contestation de sa propre famille politique, à peu près aussi audacieuse que celle d'Alexis Tsipras, en somme. 

[BONUS TRACK] Varoufakis et sa grande "gueule"

Son ancien homologue grec, Yanis Varoufakis ? Michel Sapin "l'appréciait", y compris pour "son côté fougueux". Mais enfin, point trop n'en faut. "Malheureusement, il est un peu responsable de là où s'est trouvée la Grèce dans les négociations, affirme-t-il. Si les négociations s'étaient nouées de manière plus positive, plus confiante dès le mois de mars ou le mois d'avril, je pense que ça n'aurait pas été aussi brutal pour la Grèce."

Relancé sur les propos de Yanis Varoufakis à son égard, ce dernier expliquant que dans les négociations Michel Sapin faisait certes entendre une "musique très subtile" mais "finissait toujours par plier et accepter", le ministre des Finances français se fâche un peu :

 

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Je redirais comme monsieur Tsipras : il a de la gueule, mais il est pas forcément un fin politique, ce Yanis Varoufakis.

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Le Premier ministre grec, revenant sur la démission de son ministre charismatique mais irritant pour les institutions européennes, l'avait qualifié de "bon économiste", ajoutant qu'il n'était pas forcément "un bon homme politique"

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