Scission à Nouvelle Donne : "soixante militants et responsables" quittent le parti car "Nouvelle Donne ne changera rien à la vie politique"

Publié à 07h19, le 22 juin 2015 , Modifié à 07h35, le 22 juin 2015

Scission à Nouvelle Donne : "soixante militants et responsables" quittent le parti car "Nouvelle Donne ne changera rien à la vie politique"
© PATRICK KOVARIK / AFP

SCISSION - Il n’y a pas que les partis les plus anciens et les plus installés qui connaissent la crise. Nouvelle Donne, du haut de ses moins de trois ans d’existence, connait déjà sa plus importante crise interne. Pourtant auteur de résultats satisfaisants aux élections européennes notamment, le parti fondé par l’économiste Pierre Larrouturou voit son début d’été plombé par une scission.

De nombreux membres du parti, dont la seule parlementaire Isabelle Attard, ainsi que son porte-parole, ont décidé de claquer la porte de leur formation politique. Dans une tribune publiée sur le site Mediapart, dimanche 21 juin, "soixante militants et responsables de Nouvelle Donne annoncent leur « démission collective » de l'organisation fondée fin 2013 par l'économiste Pierre Larrouturou".

Et c’est peu dire qu’ils sont amers. Alors qu’ils imaginaient intégrer un parti à même de répondre à la crise démocratique et de faire de la politique autrement, leur constat est cinglant :

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Aujourd’hui, nous, militants, responsables de comité locaux, candidats, élus, nous savons, chacun à notre niveau, que Nouvelle Donne ne changera rien à la vie politique. (…)
Malheureusement, nous avons constaté que "faire de la politique autrement" s’est transformé en dogme d’exclusion, brandi comme une fin de non-recevoir par ceux qui ne veulent, finalement, pas faire de politique du tout.

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"Le parti du renouvellement des pratiques est désormais le jouet d'une oligarchie. Quelle ironie !" lancent-ils encore mettant un sacré coup à ce jeune parti. S'en relèvera-t-il ?

Pierre Larrouturou n'a pas semblé effrondré par cette nouvelle donne. Invité de France 3, dimanche soir, le fondateur du parti a tenu à se justifier et à minimiser le départ de cette soixantaine de démissionnaires :

 

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C’est dommage. Mais quand vous avez six mille adhérents, il y en a 60 qui trouvent qu’on devrait aller plus vite… Le sujet c’est : est-ce qu’il faut forcément aller aux régionales ? On lance une campagne. Eux veulent aller aux régionales avec une alliance avec les écolos et le Front de gauche. On est quelques-uns à se dire qu’on va en débattre mais que faire de la politique ce n’est pas forcément aller aux élections et que faire une alliance avec le Front de gauche ou les écolos, peut-être qu’il y a d’autres façons de rassembler les gens.

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