Se défendant de toute polémique, Alain Juppé maintient que l'on peut "faire plus et mieux" en matière de lutte contre le terrorisme

Publié à 09h33, le 19 juillet 2016 , Modifié à 09h59, le 19 juillet 2016

Se défendant de toute polémique, Alain Juppé maintient que l'on peut "faire plus et mieux" en matière de lutte contre le terrorisme
Alain Juppé © Captures d'écran BFMTV

"Le fatalisme n'est pas une politique." Alain Juppé n'en démord pas : si l'attentat de Nice a pu avoir lieu, c'est que toutes les mesures n'ont pas été prises pour l'éviter. Sauf qu'après avoir lancé la polémique, vendredi 15 juillet, en disant plus ou moins la même chose, le candidat à la primaire de la droite essaye, ce mardi, de calmer un peu les esprits, du moins sur la forme. Sur le fond, en revanche, l'ancien Premier ministre reste droit dans ses bottes.

Invité de BFMTV ce mardi 19 juillet, il revient donc sur cette phrase prononcée vendredi, quelques heures à peine après l'attaque terroriste de Nice : "Si tous les moyens avaient été pris, le drame n'aurait pas eu lieu". Alain Juppé ne regrette pas ses propos. En revanche, il explique ne pas avoir voulu polémiquer :

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Qu'est-ce que j'ai dit ? On peut faire plus et on peut faire mieux, et je persiste. […] C'est une évidence : si on était parvenu à l'empêcher, il [l'attentat] n'aurait pas eu lieu. Pardon, hein. Et bien je dis qu'il faut prendre d'avantage de moyens pour lutter contre le terrorisme.

 

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Et Alain Juppé d'expliquer que lui président, il aurait pris "d'autres mesures" comme "le déploiement des forces sur le terrain" et l'amélioration du renseignement français. "Si on part du principe qu'on ne peut pas empêcher, si on part du principe que le risque zéro n'existe pas, si on part du principe que c'est inévitable, qu'est-ce qu'on fait ? On baisse les bras ? Je ne veux pas me situer dans cette ligne-là", ajoute-t-il, proposant également la création d'une police pénitentiaire pour lutter contre la radicalisation en prison.

Il poursuit :

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J'ai dit ce que j'avais à dire. J'ai répondu à une question : 'est-ce que si on avait pris tous les moyens pour l'éviter ça se serait passé ?' Qu'est-ce qu'on peut répondre à cette question ? Hein ? Évidemment oui. J'ai dit : 'tournons-nous maintenant vers l'avenir, on peut faire mieux et on peut faire plus'. Je persiste dans cette affirmation parce que je pense que c'est possible. Si on dit aux Français qu'on ne peut pas faire plus que ce qu'on a déjà fait, qu'est-ce qu'il va se passer ? […] Moi j'ai dit qu'on pouvait faire plus. Très bien. J'ai eu raison de le dire.

 

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En revanche, Alain Juppé se dit un peu étonné de "la violence de la réaction gouvernementale" après ses propos de vendredi. Pour l'ancien Premier ministre, cette violence n'a pour autre objectif que de créer un contre-feu. "Il s'agit de détourner le projecteur parce que le gouvernement a bien conscience que les Français ne lui font pas confiance", dit-il.   

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