Si elle n’avait pas été ministre, Taubira aurait manifesté contre la loi renseignement

Publié à 06h50, le 06 mai 2015 , Modifié à 08h31, le 06 mai 2015

Si elle n’avait pas été ministre, Taubira  aurait manifesté contre la loi renseignement
Christiane Taubira. © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Ça y est, la première étape du projet de loi controversé sur le renseignement a été franchie. L’Assemblée nationale a ainsi adopté le texte, mardi 5 mai, en première lecture. Pas la première fan de ce texte, la ministre de la Justice Christiane Taubira a expliqué, sur Europe 1, qu’elle aussi aurait pu manifester contre ce projet de loi… si elle n’avait pas été au gouvernement.

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Il y a forcément des risques parce que les techniques et les technologies sont très puissantes. Je considère que ce débat est nécessaire et qu'il est souhaitable (...). On a le droit de s'interroger parce qu'effectivement ça n'est pas banal.

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Interrogée pour savoir si, hors du gouvernement, "on l'aurait retrouvée dans la rue" contre ce texte, Christiane Taubira a répondu "évidemment". Et de développer :

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C'est pour ça que je dis qu'il est bon que la société s'interroge. Moi députée, n'étant pas dans l'action publique en tant que membre du gouvernement qui écrit le texte, de l'extérieur avant même l'écriture du texte, j'aurais dit oui.

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"Je suis garde des Sceaux, ma responsabilité, c'est de préserver les libertés", a-t-elle ajouté, en relevant plusieurs améliorations apportées au texte initial. Elle a notamment souligné que "nous avons fortement amélioré le contrôle juridictionnel" et que "en tant que citoyen vous pouvez saisir le conseil d'Etat (...) y compris en procédure d'urgence" contre une mesure de surveillance. Toutefois, elle "pense que ce texte peut encore évoluer", notamment lors de son examen au Sénat.

Elle a également souligné que "le Conseil constitutionnel (que le président François Hollande s'est engagé à saisir suivant une idée revendiquée par Manuel Valls) va veiller scrupuleusement à la conformité de chaque disposition et c'est une garantie fondamentale".

Lors des débats à l'Assemblée, la garde des Sceaux avait notamment été battue par une alliance de certains PS et de l'UMP dans son opposition à la possibilité donnée à des agents de l'administration pénitentiaire d'utiliser en prison ces techniques de renseignement.

Mi-avril, le ministère de la Justice avait été contraint de supprimer un tweet dans lequel Christiane Taubira disait que cette loi sur le renseignement pouvait porter atteinte à la vie privée.

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