Si Manuel Valls était candidat aux législatives, c'était pour "survivre"

Publié à 15h13, le 25 août 2017 , Modifié à 14h49, le 26 décembre 2017

Si Manuel Valls était candidat aux législatives, c'était pour "survivre"
Manuel Valls. © THOMAS SAMSON / AFP

Ces derniers mois ont été chaotiques pour Manuel Valls. L'ancien Premier ministre a vu sa mort politique de près. Il perd la primaire de la "Belle Alliance Populaire", puis n'est pas loin de tout perdre. A la présidentielle, il soutient Emmanuel Macron, malgré sa promesse de se ranger derrière le candidat socialiste. Résultat : il est lâché par le PS, par ses proches et n'obtient pas l'étiquette "En marche" (même si le parti du Président ne lui oppose aucun candidat).

Mais, le chaos n'est pas un trou, mais une échelle, pour citer Petyr Baelish, dit Littlefinger.

Ainsi tombé, Manuel Valls ne pouvait que remonter. Il a fait une campagne discrète, sans média. Et il a remporté de justesse sa législative dans l'Essonne, face à la candidate de la France insoumise Farida Amrani, qui a contesté le résultat. 139 voix d'avance pour Manuel Valls. Le Conseil constitutionnel n'a toujours pas rendu son avis sur ce contentieux.

Au journal M, le magazine du Monde, qui sort samedi 26 août, Manuel Valls se confie sur cette élection :

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Je n'étais pas candidat pour être candidat, mais pour survivre. Je ne pouvais pas rester sur la défaite de la primaire. Cette épreuve, je voulais en sortir par la victoire. Peut-être aussi avais-je besoin de me prouver quelque chose.

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Cible privilégiée depuis longtemps, Manuel Valls a pourtant survécu à cette élection compliquée. Face à lui, il n'y avait pas que LFI. Il y avait aussi Nolan Lapie, ce jeune homme proche des mouvements d'extrême droite qui l'avait giflé à Lamballe en janvier dernier, et dont le suppléant n'était autre que Dieudonné. Comme si tout le monde s'était ligué contre lui, il raconte :

 

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J'ai ressenti une hostilité presque physique. Je suis lucide. Je sais que j'ai pris une partie de la foudre du quinquennat. La loi travail et le 49-3 ont ouvert un espace de contestation violente. S'est concentrée sur moi une partie du rejet. Mais j'ai aussi une part de responsabilité. C'est vrai, je suscite la violence.

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Depuis, Manuel Valls siège à l'Assemblée nationale comme député apparenté au groupe LREM. Il se fait toujours très discret, appuyant l'action du gouvernement, défendant son bilan personnel, et élevant la voix principalement sur la situation au Venezuela.

De son côté, la majorité ménage l'ancien Premier ministre, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, appelant à"arrêter de diaboliser Manuel Valls". Fin juillet, Jean-Pierre Raffarin avait averti ceux qui enterraient déjà l'ex-maire d'Evry : "Il ne faut pas sous-estimer Manuel Valls, malgré sa disparition actuelle".

Aux dires de l'intéressé, l'histoire n'est pas terminée. Au magazine, il conclut :

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Il faut être capable de reconnaître ses erreurs. Ma vie politique est encore devant moi.

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