Sibeth Ndiaye assure sans sourciller que la communication d'Emmanuel Macron n’est pas "verrouillée"

Publié à 11h44, le 20 août 2017 , Modifié à 11h51, le 20 août 2017

Sibeth Ndiaye assure sans sourciller que la communication d'Emmanuel Macron n’est pas "verrouillée"
© AFP

Un Président déguisé tantôt en militaire, tantôt en supporter de l’OM, jouant les standardistes à l’Élysée, mettant en scène son couple, sa poignée de main avec Donald Trump, sa bromance avec Justin Trudeau… La communication d’Emmanuel Macron est contrôlée, millimétrée.

Mais pas "verrouillée", assure Sibeth Ndiaye au Parisien ce dimanche 20 août. La conseillère presse du chef de l’État préfère parler de communication "verticale", bien qu’Emmanuel Macron ait renoncé à la traditionnelle interview du 14-Juillet et devrait contourner les médias en faisant son annonce de rentrée via Facebook live. Elle détaille :

"

Les médias sont un rouage de la démocratie. Mais le travail d’un contre-pouvoir et d’un pouvoir ne nécessite pas qu’ils soient mêlés dans des échanges au quotidien. Le Président répond aux questions lors des conférences de presse, et depuis son élection, il a accordé deux entretiens.

"

Dans le même dossier du quotidien, on trouve pourtant cette déclaration de Robert Zarader, ex-conseiller en communication de François Hollande, qui vient *légèrement* nuancer cette affirmation :

"

Il faut que la relation avec les journalistes soit organisée. C’est une vue de l’esprit de penser que l’on peut laisser les journalistes politiques à l’écart. Il est important de faire émerger une forme de récit de ce quinquennat à laquelle ils participent. Encore faut-il pour cela que les relais de communication des journalistes à l’Élysée soient des gens qui ne les détestent pas et qui aient envie de leur parler.

"

On repense notamment à cette confidence de la même Sibeth Ndiaye, assumant "parfaitement de mentir [aux journalistes] pour protéger le Président". Ou à la volonté de l’Élysée de choisir les journalistes qui suivent les déplacements d'Emmanuel Macron (avant de rétropédaler). Ou encore à la récente plainte contre un paparazzi ayant tenté de voler des photos du Président sur son lieu de vacances, à Marseille.

Une observation qui s’étend à d’autres membres de l’exécutif : "le citoyen" Bayrou appelant Radio France pour se plaindre d'une enquête sur les salariés du MoDem ; Richard Ferrand fustigeant le "tintamarre médiatique" autour de l'affaire qui le touche et reprochant au Monde de mettre "directement en cause [son] honnêteté" dans une enquête ; Christophe Castaner estimant que la presse ne devait pas "devenir juge" ; le ministère du Travail portant plainte contre X après la publication par Libération de documents sur la réforme du Code du travail ; etc.



[BONUS TRACK]

Dans Le Parisien, on apprend par ailleurs qu’Emmanuel Macron, s’il se tient à distance des journalistes politiques, "échange régulièrement par textos avec une poignée de journalistes économiques à qui il demande : 'Comment tu vois les choses ?'". À rebours, encore une fois, de François Hollande et ses fréquents SMS à quelque 70 journalistes pendant son quinquennat.

Du rab sur le Lab

PlusPlus