Statut de la fonction publique : Hollande profite d'une remise de décoration à un fonctionnaire pour recadrer Macron

Publié à 11h35, le 19 septembre 2015 , Modifié à 11h43, le 19 septembre 2015

Statut de la fonction publique : Hollande profite d'une remise de décoration à un fonctionnaire pour recadrer Macron
© AFP

Cela s'appelle saisir parfaitement une occasion. François Hollande a profité d'une cérémonie de remise de décorations à Tulle pour recadrer Emmanuel Macron dans les règles de l'art. Son ministre de l’Économie avait remis en cause - dans des propos censés rester off - le statut des fonctionnaires. Résultat, face à Pierre Delmas, fonctionnaire anonyme, directeur départemental de la "cohésion sociale et de la protection des populations" en Corrèze, décoré chevalier de l'Ordre national du mérite, le président de la République s'est lancé dans une véritable ode à la fonction publique.

Voici son discours. Et imaginez-le en train de s'adresser à un Emmanuel Macron resté sur Paris :

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Vous êtes un fonctionnaire d’État, attaché à son département et, comme je le suis, attaché à son statut. Être fonctionnaire, servir l'intérêt général, avoir une mission de service public, s'engager par un acte volontaire, passer un concours, gravir des échelons, et être toujours capable d'évoluer, de servir les missions.



Car être fonctionnaire ce n'est pas être dans une position figée, ce n'est pas refuser la modernité. Être fonctionnaire c'est au contraire être toujours capable d'anticiper, de prévoir et de servir.



 C'est la raison pour laquelle le fonctionnaire a des droits, le statut, et des devoirs, et qu'il doit être capable en permanence de s'adapter et d'être au meilleur pour servir le public.

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C'est devant le think-tank En temps réel qu'Emmanuel Macron a évoqué le statut des fonctionnaires en expliquant qu'il était de "moins en moins défendable" d'avoir "un emploi à vie garanti sur des missions qui ne le justifient plus". Des propos tenus en off - la règle de ces rencontres est de respecter la confidentialité des prises de parole - mais révélés par Challenges puis par Les Echos. Le ministre de l'Economie a réagi le 18 septembre en fin de journée en parlant de "propos partiels" :

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A aucun moment, je n’ai parlé d’une réforme du statut de la fonction publique que le gouvernement envisagerait (...). Les propos partiels rapportés donnent une vision déformée de ma pensée. Il ne peut y avoir aucune polémique à ce sujet.

"

 

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