Stupéfaction et agacement : les ministres face aux confidences de François Hollande aux journalistes

Publié à 16h56, le 24 août 2016 , Modifié à 18h44, le 24 août 2016

Stupéfaction et agacement : les ministres face aux confidences de François Hollande aux journalistes
© JOHANNES EISELE / AFP

60 entretiens par-ci, 30 par-là, deux ou trois en passant et encore deux livres à venir pour dévoiler les pensées intimes du Président, cela commence à faire beaucoup d’exégèses du bilan de François Hollande.

Après (attention c'est un peu long) les livres : Le stage est fini (Françoise Fressoz), Jusqu'ici tout va mal(de Cécile Amar), Le pari (Bastien Bonnefous et Charlotte Chaffanjon) et avant la parution de celui de Fabrice Lhomme et Gérard Davet Un président ne devrait pas dire ça , celui de Cyril Graziani Le premier secrétaire de la République et celui d'Elsa Freyssenet Ça n'a aucun sens, Conversations privées avec le Président, d'Antonin André et Karim Rissouli, publié la semaine dernière est pour beaucoup le bouquin de trop.

Au sein même de l'équipe gouvernementale, l'incompréhension le dispute à l'agacement. Quand un ministre susurre au Lab

"

C'est consternant !

"

Un autre ajoute :

"

C'est lunaire !

"

Des ministres qui ne comprennent pas pourquoi le président de la République passe AUTANT de temps à répondre à AUTANT de journalistes et pointent une *petite* contradiction chez le président de la République : 

 

"

En Conseil des ministres, il nous rappelle toujours de ne rien dire, de ne pas parler aux journalistes. Et lui ? que fait -il ?

"

Un autre lâche :

"

Valls arrête pas de nous dire : "Faites attention à ce que vous dites, il faut être cohérents !"  C'est hallucinant.

"

Mais quelles sont donc les raisons qui poussent François Hollande à se livrer de la sorte ?

Pour certains, c'est tout bonnement incompréhensible. Alors que l'attention devrait se focaliser sur les divisions de la droite à l'orée de la primaire et laisser un peu d’oxygène médiatique au gouvernement, les confidences de François Hollande replacent l’exécutif au cœur du tourbillon médiatique. Un ministre avance une explication :

"

C'est une opération d'Hollande lui-même pour montrer qu'il préside et que c'est lui qui décide. Ça ne s'explique que comme ça.

"

Ainsi via ses confidences, Hollande rappellerait que le patron, c'est bien lui. Une tactique un peu étonnante au regard des anecdotes qui ressortent des livres : le "pas de bol" sur le chômage ou la déchéance de nationalité, mesure de droite... Ce qu'un membre de l'équipe gouvernementale résume en une phrase :

"

Vous vous rendez compte ! Un des livres s'appelle : Ce qu'un Président ne devrait pas dire.

"

CQFD décidément, il parle trop.

Du rab sur le Lab

PlusPlus