Style, chômage, PMA, ISF : quand Emmanuel Macron critique François Hollande (sans le citer)

Publié à 07h58, le 16 octobre 2017 , Modifié à 07h58, le 16 octobre 2017

Style, chômage, PMA, ISF : quand Emmanuel Macron critique François Hollande (sans le citer)

Emmanuel Macron a livré pendant une heure des explications sur son action dimanche 15 octobre sur TF1. Il a affiché sa détermination repoussant tout mea culpa. Mais tout au long de son intervention, la critique de l'action de François Hollande est apparue en filigrane. Il ne le nomme pas, préférant parler de son prédécesseur. Et il tient à s'en distinguer. 

  • Pas de présidence bavarde

Sur son style Macron, dès la première phrase, le Président balance une petite gentillesse à son prédécesseur en expliquant qu'il ne voulait pas une "présidence bavarde" pour que la parole présidentielle conserve une certaine solennité. On se souvient de ses critiques contre la présidence Hollande accusée de trop parler notamment aux journalistes. 

  • Il n'y a pas que la courbe 

Impossible de l'oublier. Pendant tout son quinquennat, François Hollande a traîné sa volonté d'être jugé sur l'inversion de la courbe du chômage comme un boulet. Plus tard, il a reconnu qu'il n'avait pas eu de chance mais que cela aurait pu marcher.Emmanuel Macron lui refuse d'être jugé sur la base d'un seul indicateur. Il  explique :

 

"

On ne juge pas l'action du président de la République à un seul indicateur, c'est peut être un point de désaccord que j'ai avec mon prédécesseur qui peut être avait considéré qu'il pouvait y avoir un réglage selon des courbes. On ne décrète pas la baisse du chômage.

"

Il précise sur ce sujet que "le taux de chômage n'est pas une variable que l'on ajuste". Le Président estime que "la plénitude" de la politique menée se verra "dans un an et demi deux ans." 

 

  • Pas de Mariage pour tous bis 

Il y un sujet sur lequel Emmanuel Macron a appris de François Hollande : la gestion des réformes sociétales. Ainsi sur la PMA pour les couples homosexuels et les femmes seules, le président est prudent. C'est oui mais après un long… débat …et surtout apaisé. Il assure : 

 

"

J'ai dit que je respecterai l'ensemble des convictions. Sur ces sujets de société, le politique ne doit pas imposer un choix en brutalisant les consciences, des convictions profondes que je respecte chez chacun et chacun. Je souhaite que durant l'année 2018, nous puissions avoir ce débat de manière apaisée

"

Il se pose en garant de "cette concertation apaisée". Il souhaite ainsi éviter de voir les partisans de la Manif pour tous déferler dans les rues. Une phrase qui fait écho à une sortie polémique pendant la campagne. Candidat, il avait estimé dans une interview à l'Obs qu'une part de la population avait été "humiliée" pendant ce débat qui a animé le début du quinquennat Hollande. 

  • Ici c'est pas Cuba 

Interrogé sur la réforme de l'ISF, Emmanuel Macron a rappelé que cet impôt n'était pas efficace, brocardant au passage la taxe à 75 % que souhaitait imposer (en vain) François Hollande. Une taxe qui s'apparentait pour celui qui n'était alors que conseiller à "Cuba sans le soleil". Et dont le résultat au final a été, selon lui, de faire fuir les plus aisés. 

 

François Hollande qui n'est pas toujours tendre avec son successeur appréciera. Sans doute avec un peu de décalage horaire car au moment de l'interview, François Hollande était en plein vol pour Séoul où il donne ce lundi 16 octobre sa première conférence. 

[ A retrouver dans la chronique du Lab sur Europe 1]  

Du rab sur le Lab

PlusPlus