Supprimer l'ISF ? Manuel Valls dénonce la "faute" d'Emmanuel Macron

Publié à 08h40, le 20 avril 2016 , Modifié à 09h06, le 20 avril 2016

Supprimer l'ISF ? Manuel Valls dénonce la "faute" d'Emmanuel Macron
Manuel Valls et Emmanuel Macron © Montage Le Lab via AFP

Jeudi dernier, c'était François Hollande en direct sur France 2 ("Il sait ce qu'il me doit"). Moins d'une semaine plus tard, mercredi 20 avril, c'est au tour de Manuel Valls en direct sur France Info. Emmanuel Macron, dont on croyait bêtement qu'il avait appris à "s'autorecadrer tout seul", se prend une nouvelle leçon en public de la part d'un de ses deux patrons. 

Motif de la punition du jour : a voulu supprimer l'ISF. Le ministre de l'Économie suggère en effet cette mesure *pas franchement* de gauche dans une interview donnée en avril à Risques, une revue professionnelle du secteur de l'assurance. Interrogé à ce sujet sur France Info, le Premier ministre y va donc de son petit recadrage :

 

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Au nom même de la justice et avec ce sentiment qui existe dans notre pays, d'une forme d'injstice entre les plus pauvres et ceux qui en ont le plus, supprimer cet impôt, surpprimer l'impôt sur la fortune - qu'on peut toujours améliorer, rendre plus efficace d'un point de vue économique - serait une faute.

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Une "faute", donc, "au moment où nous renforçons la prime d'activité, où nous créons cette prime d'activité, où nous avons annoncé la prolongation de cette augmentation du RSA, où nous nous attaquons pleinement à ce fléau que représente la pauvreté, où nous ouvrons ce débat sur le revenu universel", fait valoir Manuel Valls. Et le chef du gouvernement d'appeler "chacun" des ministres à rester "concentré sur sa tâche, dans la cohérence et la loyauté". Message transmis, en même temps que cet appel à l'unité de "toute la gauche" de la part de Manuel Valls : "J'en appelle à une mobilisation de la gauche, qu'elle soit fière de ce qui a été engagé au cours de ce quinquennat, il reste beaucoup à faire. Relevons la tête ! Arrêtons d'être toujours en train de nous excuser ! Soyons fiers ! Répondons avec force à ceux qui nous accusent de trahir nos engagement ou nos idéaux." 

Signe, aussi, que la rivalité entre les deux hommes s'étale de plus en plus au grand jour.

Dans la revue Risques, et comme le rapprte Le Figaro dans ses pages économiques ce mercredi, Emmanuel Macron explique :

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Je pense que la fiscalité sur le capital [...] n'est pas optimale. Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF.

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