Sylvia Pinel (PRG) est candidate à la présidentielle, sans passer par la primaire de la gauche

Publié à 17h47, le 26 novembre 2016 , Modifié à 14h11, le 27 novembre 2016

Sylvia Pinel (PRG) est candidate à la présidentielle, sans passer par la primaire de la gauche
© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

RÉBELLION - Cette fois, Le Parti radical de gauche fait sécession. Après avoir fait mine de vouloir quitter le gouvernement plusieurs fois depuis 2012 et-en-fait-non, le PRG, qui est l'un des tous derniers alliés du PS et de François Hollande, a décidé de ne pas participer à la primaire de "La Belle Alliance Populaire" organisée fin janvier et à laquelle le chef de l'État est censé se présenter. La présidente du parti, Sylvia Pinel, a été investie samedi 26 novembre pour se présenter directement à la présidentielle. On ne sait en revanche pas ce qu'il advient de sa candidature aux législatives... 

La "convention présidentielle" du parti, convoquée ce samedi à Paris, a donc décidé, à 344 voix pour et 46 contre, que Sylvia Pinel serait sur les rangs au premier tour en avril prochain. Certains membres du PRG penchaient plutôt pour un soutien à Emmanuel Macron. Tout juste lancée, la néo-candidate a affirmé, selon une journaliste du Figaro sur place :

La maison radicale se rebelle.

François Hollande et Manuel Valls devraient apprécier et on est en droit de se questionner sur l'avenir des ministres PRG Jean-Michel Baylet, Thierry Braillard et Annick Girardin... Nous en sommes par ailleurs à quatre anciens ministres de François Hollande candidats pour 2017 : Benoît Hamon et Arnaud Montebourg à la primaire, et Sylvia Pinel et Emmanuel Macron hors primaire ( et même cinq en comptant Cécile Duflot avant son élimination à la primaire EELV). Rappel historique : à la primaire socialiste de 2011, Jean-Michel Baylet avait obtenu 0,6% des voix.

Dès cet été, le PRG alors présidé par Jean-Michel Baylet avait "suspendu sa participation" à "La Belle Alliance Populaire", vexé de ne pas avoir été mis dans la confidence de la primaire annoncée par le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis. La formation radicale refusait alors de n'être qu'un "satellite" de Solférino. Quelques jours plus tard, Jean-Michel Baylet (par ailleurs ministre de l'Aménagement du territoire) affirmait que "le pacte fondateur [était] rompu" entre le PRG et le PS, ajoutant un définitif : "Nous n'avons plus rien à faire là-dedans."

Sylvia Pinel, elle-même ancienne ministre de ce quinquennat (Logement), a depuis pris la suite mais rien n'a changé de ce côté-là. Il est donc loin le temps de l'accord électoral de 2012...





[Edit 27/11]

Dans son communiqué d'annonce de candidature, Sylvia Pinel écrit : "Le PRG estime qu'il n'a pas sa place dans un débat ayant pour vocation de régler les problèmes internes du PS alors que les enjeux pour la France imposent du sérieux. [...] Le Parti Radical de Gauche appelle au rassemblement des gauches, au sursaut républicain contre les divisions, la montée des populismes et les dangereuses régressions qui menacent notre cohésion."

Ce dimanche sur LCI, Najat Vallaud-Belkacem estime que cela veut surtout dire que les radicaux de gauche ne veulent pas soutenir Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon s'ils devaient sortir vainqueur de cette primaire... mais aussi qu'une fois la question des candidatures de François Hollande et/ou Manuel Valls réglée, le PRG pourrait "revenir" dans la primaire. La ministre de l'Éducation nationale explique :

La raison principale pour laquelle le PRG se présente hors des primaires du Parti socialiste, c'est qu'il ne veut pas se retrouver à devoir soutenir, contre sa volonté, un Arnaud Montebourg ou un Benoît Hamon qui potentiellement pourraient être désignés. Ça signifie que le PRG lui-même reconnaît en creux que le seul homme capable de porter le rassemblement de la gauche, c'est François Hollande. Le PRG prend acte du fait, comme moi, qu'aujourd'hui les choses ne sont pas suffisamment clarifiées concernant ces primaires [SIC] de la gauche et qu'il faut absolument les clarifier. Notamment cette question de la candidature de François Hollande ou Manuel Valls.



[...] Je constate aussi que la décision est tout sauf irrévocable. Quand la question est posée, elle est éludée par Sylvia Pinel. J'en déduis que le jour où notre primaire sera bien clarifiée, le PRG pourrait aussi revenir. Le jour où nous aurons une meilleure information à ce sujet [Hollande-Valls, ndlr], je pense que le PRG peut revenir participer à la primaire.

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