Tchétchénie : Selon Bernard Cazeneuve, la France doit faire pression pour obtenir la vérité sur la disparition du chanteur gay Zelimkhan Bakayev

Publié à 09h03, le 24 octobre 2017 , Modifié à 09h12, le 24 octobre 2017

Tchétchénie : Selon Bernard Cazeneuve, la France doit faire pression pour obtenir la vérité sur la disparition du chanteur gay Zelimkhan Bakayev
Bernard Cazeneuve © AFP

Les yeux braqués sur la Tchétchénie. D'après le site NewNowNewt, le chanteur russe Zelimkhan Bakayev est mort à Grozny, torturé par la police à cause de son homosexualité. Selon le site spécialisé, l'artiste, âgé de 26 ans et porté disparu depuis le 8 août, était détenu dans un camp anti-gay en Tchétchénie, illustration de la politique de répression menée par le dirigeant de cet état rattaché à la Russie, Ramzan Kadyrov.

Invité de Quotidien lundi 23 octobre, Bernard Cazeneuve estime que la France doit faire pression pour obtenir la vérité sur cette disparition :

 

La France doit continuer, parce qu'elle est le pays des droits de l'Homme, à faire en sorte que tout ce qui relève de la lutte déterminée contre l'homophobie, les crimes homophobes, antisémites, xénophobes, soient poursuivis au plan international. Il y a en France des ressources qui peuvent, sur ce sujet-là, demander des comptes, s'exprimer, faire pression.

Et l'ancien Premier ministre de François Hollande de rappeler que la France a déjà fait pression de la sorte "sur d'autres drames" et "doit le faire sur ce sujet". Il poursuit :

On l'a fait à plusieurs reprises au cours des dernières années lorsqu'il y avait des disparitions ou des crimes, en organisant la prise de parole des associations, en multipliant les initiatives diplomatiques, en demandant des comptes. Et il faut le faire parce que c'est le rôle de la France de porter cette parole qui est celle des valeurs universelles des droits de l'Homme.

 

Le flou demeure encore concernant le sort de Zelimkhan Bakaev. "Sa disparition est confirmée, mais on ne peut pas se prononcer sur son décès. Rien ne confirme non plus qu’il a été arrêté à cause de son homosexualité qui n’a jamais été révélée", explique au Parisien Guillaume Mélanie, fondateur d’Urgence Tchétchénie. Cette association est partenaire de SOS Homophobie et accueille des personnes homosexuelles tchétchènes, ayant fui le régime qui les persécute.

Selon le journal Novaya Gazeta, au moins une centaine d'hommes homosexuels ont été arrêtés et torturés par les autorités tchétchènes depuis le mois de mars, ce que confirmaient plusieurs ONG. "Vous ne pouvez pas arrêter ou réprimer des gens qui n’existent pas dans la République. L’homosexualité n’existe pas ici […] Si ces personnes existaient en Tchétchénie, la loi n’aurait pas à se soucier d’eux, vu que leurs propres parents se seraient déjà occupés définitivement de leurs cas", avait répondu un porte-parole de la présidence tchétchène. "Extrêmement préoccupé" par ces allégations, le département d’Etat américain avait réclamé, en mars, l’ouverture d’une enquête sur le sujet. 

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